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Démence : des chercheurs identifient trois facteurs à même de retarder son apparition de 12 ans

On estime que ce type d’affection neurodégénérative touche plus d’un million de personnes en France

— Kzenon / Shutterstock.com

Il n’est jamais trop tard. Une vaste étude menée aux États-Unis suggère que des habitudes saines prises autour de la cinquantaine peuvent retarder significativement l’apparition de la démence.

Une corrélation étroite

Au fil des décennies, il a été largement démontré que le tabagisme, le diabète et l’hypertension artérielle affectent le système circulatoire et favorisent l’inflammation cérébrale. Deux phénomènes eux-mêmes liés à l’endommagement des neurones impliqués dans la mémoire et l’apprentissage, qui caractérise les cas de démence.

Constatant que peu d’études avaient exploré leur influence dès la cinquantaine sur ce type de neurodégénérescence, Josef Coresh, de l’université de New York, et ses collègues ont examiné les données médicales de plus de 12 000 Américains, suivis sur une période moyenne de 26 ans, et dont un quart ont développé une démence.

Une corrélation étroite avec le tabagisme, le diabète et l’hypertension artérielle a été établie, avec des patients cumulant ces trois facteurs de risque à 55 ans 2,7 fois plus susceptibles d’en souffrir plus tard. En moyenne, leur absence était liée à un gain moyen de 12,6 années sans démence. Chez les sujets ne présentant qu’un ou deux de ces facteurs, un bénéfice significatif a également été mis en évidence : entre quatre et huit ans.

« La pratique régulière d’une activité physique ainsi qu’une consommation limitée d’aliments trop sucrés constituent des moyens évidents pour réduire le risque de diabète et d’hypertension artérielle », rappellent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Neurology Open Access.

Demence
— Elif Bayraktar / Shutterstock.com

Des travaux à approfondir

L’équipe a expliqué avoir pris en compte d’autres facteurs connus pour influencer le risque de démence (sexe, niveau d’éducation, d’activité physique, IMC et présence de la principale variante génétique associée à Alzheimer). De futurs travaux pourraient notamment explorer l’impact de la perte auditive ou le degré d’isolement social sur celui-ci.

« Il est également possible que le nombre d’années sans démence gagnées soit différent dans d’autres parties du globe, en raison de particularités génétiques ou d’une exposition plus ou moins importante à des facteurs environnementaux tels que la pollution atmosphérique », conclut Coresh.

Précédemment, des recherches avaient lié des taux sanguins élevés d’une hormone à un risque largement accru de démence, ouvrant la voie à une détection extrêmement précoce de ce type d’affection neurodégénérative.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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