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Les derniers résultats d’un essai clinique ayant impliqué plus d’une centaine de patients ont montré qu’une thérapie expérimentale impliquant la diffusion d’ultrasons entrainait des réductions cliniquement significatives de la pression artérielle.

Inhiber l’activité des nerfs rénaux hyperactifs pour réduire la pression artérielle

Connue sous le nom de dénervation rénale, l’approche consistant à inhiber l’activité des nerfs rénaux hyperactifs afin de réduire l’hypertension artérielle systémique remonte à plus de 50 ans et est actuellement exploitée par certains médicaments traitant ce trouble. Depuis quelques années, de nombreux chercheurs s’efforcent de trouver un moyen non pharmacologique de cibler ce mécanisme.

En 2014, les résultats d’un vaste essai en aveugle et contrôlé par placebo avaient conclu que la dénervation rénale ne réduisait pas la pression artérielle. Bien que ces résultats aient en grande partie refroidi l’enthousiasme pour ce traitement expérimental, dans les années qui ont suivi, des améliorations concernant son administration ainsi que des changements dans la méthodologie de l’étude ont montré qu’une telle approche pouvait encore s’avérer efficace.

Cinq ans plus tard, une étude ayant impliqué le suivi de plus de 100 patients pendant six mois après une seule procédure de dénervation rénale, révélait des résultats positifs. La procédure chirurgicale simple consistait à acheminer un cathéter jusqu’aux artères rénales via une artère de la jambe. L’énergie des ultrasons était ensuite utilisée pour « procéder à l’ablation thermique et perturber les nerfs sympathiques rénaux tout en épargnant la paroi artérielle rénale ».

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Publiée dans la revue The Lancet, la nouvelle étude rapporte les résultats d’un essai clinique testant la thérapie sur 136 patients hypertendus sévèrement résistants aux traitements médicamenteux. Alors que ceux-ci présentaient initialement une pression artérielle élevée, malgré l’administration d’au moins trois composés antihypertenseurs différents, deux mois après le traitement à base d’ultrasons, la pression artérielle systolique avait en moyenne baissé de huit points chez les sujets ayant bénéficié de la procédure de dénervation rénale, contre trois points seulement chez les sujets ayant reçu une procédure fictive.

« Ces résultats suggèrent que la dénervation rénale a le potentiel de devenir un complément important au traitement médicamenteux »

« Chez les patients souffrant d’hypertension résistante aux médicaments, une baisse de la pression artérielle de huit points – si elle est maintenue pendant un suivi à long terme – va contribuer de façon quasi-certaine à réduire le risque de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et d’autres événements cardiaques indésirables », explique Ajay Kirtane, qui a supervisé l’essai.

Les participants actuels à l’essai feront l’objet d’un suivi pendant cinq ans afin d’étudier l’efficacité du traitement à long terme. Selon l’équipe, des essais supplémentaires portant sur d’autres populations de patients seront nécessaires avant de pouvoir envisager une utilisation clinique généralisée, mais les chercheurs ont bon espoir.

« Ces résultats suggèrent que la dénervation rénale a le potentiel de devenir un complément important au traitement médicamenteux », déclare Kirtane. « La prochaine étape consistera à étudier son efficacité pour d’autres groupes, y compris les patients plus âgés souffrant d’hypertension et ceux atteints de maladie rénale chronique. »

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