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Si, à un moment donné, les restrictions professionnelles et sociales liées au Covid-19 ont effectivement été bénéfiques pour l’environnement, ce n’est plus le cas dans la mesure où la pandémie est aussi à l’origine d’un surplus de déchets particulièrement néfastes pour les faunes terrestres et marines. Les scientifiques ont ainsi tiré la sonnette d’alarme concernant cette situation désastreuse.

Près de 195 milliards de déchets d’EPI polluent actuellement le monde chaque mois

Certes, porter des EPI (équipements de protection individuelle) est l’un des moyens les plus efficaces pour limiter la propagation du coronavirus, mais ces objets ont également contribué à une augmentation très conséquente des déchets plastiques. Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Animal Biology, les EPI à usage unique, notamment les masques faciaux et les gants, font désormais partie du problème croissant de déchets plastiques qui font des ravages auprès de la faune. L’étude est la première documentation mondiale sur les impacts des déchets spécifiquement liés au Covid-19 sur la faune par enchevêtrement, piégeage et ingestion.

Nombreux sont en effet les animaux qui sont devenus les victimes de ces déchets. Au moins 50 incidents graves avec la faune et impliquant des EPI ont été enregistrés par les scientifiques dans le monde. Les médias ont notamment rapporté le cas d’un poisson piégé dans un gant en caoutchouc aux Pays-Bas, celui d’un pingouin au Brésil avec un masque dans l’estomac, ou encore le cas d’un renard au Royaume-Uni enchevêtré dans un masque, a rapporté The Guardian. L’ampleur de la pollution est telle que certains animaux ont même commencé à se construire des abris avec ces déchets.

D’un autre point de vue, non moins inquiétant, les chercheurs des Pays-Bas ont estimé que 129 milliards de masques et 65 milliards de gants sont utilisés puis jetés chaque mois au niveau mondial. « Comme toujours avec ces articles à usage unique, vous ne vous en occupez pas vraiment et ils finissent très vite dans l’environnement. Ils commencent à devenir un réel problème. Je pense qu’il est ironique que les matériaux qui nous protègent soient si nocifs pour les animaux qui nous entourent », a déclaré Auke-Florian Hiemstra, coauteur de l’étude, selon un rapport de CNN.

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Un problème qui va avoir un impact sur de nombreuses années

Cela fait déjà un moment que les scientifiques ont averti le public ainsi que les autorités responsables de ce problème, mais jusqu’à présent, aucune solution n’a été proposée. Or, avec cette étude, les scientifiques ont pu déterminer que le problème est plus grave qu’il n’y parait, étant donné que l’impact ne sera pas uniquement momentané. En effet, les problèmes environnementaux engendrés par les déchets d’EPI persisteront sur plusieurs générations, ont expliqué les chercheurs.  

Par ailleurs, l’étude a souligné que les animaux sauvages n’étaient pas les seuls à être affectés par cette pollution. Des cas d’animaux domestiques ayant ingéré des déchets d’EPI ont également été signalés. Les humains peuvent également être concernés par ce problème, et cela a déjà été le cas. « Un enfant de six ans a ingéré des morceaux d’un masque facial présumé bleu, cuit accidentellement dans une croquette de poulet McDonald », ont noté les chercheurs dans leur papier. Dans leur étude, les chercheurs n’ont pas proposé d’éventuelles solutions au problème, contexte sanitaire oblige. Mais ils ont tout de même exhorté les gens à couper les gants jetables et à couper les sangles des masques avant de les jeter, car cela pourrait aider à empêcher la faune d’être prise au piège avec ces déchets.

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