— Ale Silva / Shutterstock.com

Depuis le début de la pandémie, il a été constaté que les personnes âgées constituaient essentiellement le groupe le plus à risque face au Covid-19. Mais la donne a changé avec l’apparition des variants du virus. En ce qui concerne particulièrement les patients au Brésil, il a été observé que la majorité des patients en soins intensifs sont âgés de 40 ans et moins depuis l’apparition du variant brésilien.

Un nouveau profil pour les individus vulnérables au Covid-19 au Brésil

Le Brésil est actuellement l’un des pays les plus affectés par la pandémie de Covid-19. Avec plus de 25 000 cas enregistrés et près de 3 000 décès causés par le coronavirus, le bilan sanitaire du pays est en effet très lourd. Si cette situation est déjà inquiétante, il a été constaté que de plus en plus de jeunes développent des formes graves de la maladie, notamment depuis l’apparition du variant P1, dit brésilien. A la fin du mois de mars, un institut de recherche brésilien a découvert que « la pandémie acquiert de nouvelles caractéristiques touchant les tranches d’âge les plus jeunes : 30 à 39 ans, 40 à 49 ans et 50 à 59 ans », avait rapporté CNN.

Plus inquiétant encore, le rapport a fait état d’un bond de 353 % dans le nombre de morts parmi les personnes âgées de 30 à 39 ans entre le mois de janvier et le mois de mars 2021. Depuis, la situation ne semble pas s’arranger dans la mesure où il y a actuellement une majorité de patients âgés de 40 ans et moins dans les unités de soins intensifs brésiliens. Selon un rapport de l’Association brésilienne de médecine intensive – en se basant sur les données récoltées auprès de plus d’un tiers de tous les services de soins intensifs du pays – 52 % de tous les patients admis en unité de soins intensifs sont en effet des patients âgés de 40 ans et moins.

Selon un rapport de CNN, ces chiffres ont été confirmés par plusieurs témoignages de médecins en USI. « Nous avons des patients en bonne santé qui ont entre 30 et 50 ans et c’est le profil de la majorité des patients. C’est le grand différenciateur de cette dernière vague », a notamment déclaré le Dr Pedro Archer, un médecin de soins intensifs dans un hôpital public de Rio de Janeiro. Les données publiées par le ministère brésilien de la Santé ont également permis d’arriver à cette conclusion, étant donné que les chiffres des trois derniers mois indiquent que 27 % des décès dus au coronavirus au cours des trois derniers mois concernent des patients âgés de 30 à 50 ans, soit une augmentation de 7 % par rapport aux données précédentes. D’un autre côté, une baisse de 7 % de la mortalité liée au Covid-19 a été observée chez les séniors.

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Le variant brésilien parmi les causes possibles de cette augmentation des cas chez les plus jeunes

Pour l’instant, on ignore encore pourquoi autant de jeunes sans antécédents de comorbidité développent des formes graves du Covid-19. Certains experts ont émis l’hypothèse selon laquelle le variant brésilien serait en cause. Mais s’il a déjà pu être prouvé que le variant britannique est plus transmissible que la souche originale, aucune étude n’a pour l’instant pu établir que ce variant est effectivement plus dangereux et plus mortel, en particulier auprès des tranches d’âge plus jeune. Par ailleurs, d’autres explications ont également été évoquées pour expliquer cette flambée de cas de coronavirus chez les plus jeunes, à savoir la vaccination des personnes âgées, ainsi que le comportement des jeunes face à la pandémie.

Il est important de savoir que les adultes ne sont pas les seuls à être concernés par cette flambée du Covid-19 dans le pays. Selon la BBC, le Brésil fait également face à une augmentation du nombre de cas graves de la maladie chez les très jeunes enfants. Si de nombreuses études ont déterminé que les enfants et les bébés étaient moins affectés par le coronavirus, cela ne semble pas être le cas au Brésil où environ 2 000 enfants, dont 1 300 bébés, ont succombé à la maladie. Les femmes enceintes sont également concernées, le ministère de la Santé à même recommandé de repousser les projets de grossesse après la pandémie afin de pallier tout risque, a rapporté The Independent.

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