Image d’illustration — Tonhom1009 / Shutterstock.com

Dans l’optique de réduire les coûts environnementaux considérables liés à leur production, de nombreux aliments sont actuellement cultivés en laboratoire. Dernièrement, des chercheurs finlandais se sont penchés sur l’une des boissons les plus populaires au monde : le café.

Un moyen de production alternatif

Près de 10 milliards de kg de café sont produits chaque année dans le monde, et la demande ne devrait faire qu’augmenter au cours des prochaines décennies. Y répondre nécessitera évidemment davantage de terres cultivables, impliquant la déforestation de vastes zones afin que les plants, qui ont besoin d’être pleinement exposés au soleil, puissent prospérer.

Pour ne rien arranger, différentes études ont montré que la proportion des terres propices à sa production devrait considérablement diminuer dans un monde plus chaud. La hausse des températures rendant également les maladies et les parasites plus fréquents.

Cependant, un autre moyen de production pourrait être envisagé, impliquant des cultures cellulaires plutôt que des véritables plants, qui n’auraient besoin que d’une fraction de l’énergie et de l’eau normalement nécessaires, et posséderaient évidemment une empreinte carbone bien plus faible.

« L’idée est d’utiliser la biotechnologie plutôt que l’agriculture conventionnelle pour la production de nourriture et donc de fournir des voies alternatives moins dépendantes de pratiques non durables », détaille Heiko Rischer, responsable de la biotechnologie végétale à l’Institut de recherche VTT de Finlande. « De telles solutions présentent une empreinte hydrique plus faible, sont produites localement, ce qui limite grandement les coûts de transport, et sans pesticides. Il n’y a pas non plus de dépendance saisonnière. »

De vraies cellules de caféier

Le projet vise spécifiquement à cultiver du café en laboratoire, à partir de cellules récoltées sur de véritables plantes. La semaine dernière, les efforts des chercheurs ont commencé à porter leurs fruits, l’équipe produisant sa toute première tasse qui, selon Rischer, avait une odeur et un goût similaires à ceux du café ordinaire.

« Le processus utilise de vraies cellules de caféier », détaille Rischer. « Au départ, une culture cellulaire est lancée à partir d’une partie de la plante, par exemple une feuille. Les cellules formées sont placées dans un milieu nutritif unique où elles se multiplient, avant d’être transférées dans un bioréacteur. Une fois récoltées, elles sont séchées et torréfiées, et le café peut être infusé. »

L’équipe finlandaise envisage de s’associer à différents partenaires industriels afin de développer un produit commercialisable. Dans le scénario le plus optimiste, celui-ci pourrait être prêt d’ici quatre ans.

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