Aller au contenu principal

La Cryptie, ce rite de passage extrême qui faisait des jeunes Spartiates des guerriers

Une facette incontournable de la culture de Sparte

Avant qu’un jeune spartiate puisse être considéré comme un homme, il devait accomplir la Cryptie, une épreuve qui consistait notamment à rester caché le jour, et à s’en prendre à des esclaves une fois la nuit venue.

Réputée pour sa redoutable et impitoyable armée, la cité-état de Sparte était particulièrement crainte aux IVe et Ve siècles avant notre ère. Mais cette excellence avait un prix : connus sous le nom d’Hilotes, les esclaves spartiates étaient humiliés, brutalisés et parfois assassinés.

Connu sous le nom de « Cryptie » (du verbe grec kruptô signifiant « se cacher, dissimuler »), ce rite de passage sanglant faisait essentiellement des adolescents spartiates des hommes, alors à même de défendre courageusement la cité.

L’esclavage faisait partie intégrante de la société spartiate et les guerriers qui défendaient la cité ne représentaient finalement qu’une fraction réduite des citoyens de Sparte. Nettement plus nombreux, les Hilotes étaient traités d’une manière bien peu enviable, même selon les critères particuliers de l’Antiquité.

Ceux-ci étaient notamment battus lorsqu’ils entonnaient des chants spartiates, car cela suggérait qu’ils se pensaient au même niveau que les citoyens de la cité grecque, et on les forçait à se saouler et à se couvrir de ridicule afin d’enseigner aux enfants les dangers de l’ivresse.

Même les voisins de Sparte avaient pitié de ses esclaves. À Athènes, un dicton célèbre voulait notamment que : « L’homme libre soit encore plus libre à Sparte que partout ailleurs dans le monde, et l’esclave encore plus esclave ».

Les Hilotes étaient souvent contraints de boire et de se ridiculiser afin d’enseigner aux jeunes spartiates les dangers de l’ivresse

Ceux-ci constituaient également des cibles dans le cadre la Cryptie. Triés sur le volet, les jeunes spartiates y participant se voyaient offrir des poignards et quelques vivres et devaient ensuite vivre cachés le jour. Se faufilant dans les champs et le long des routes une fois la nuit tombée, ils s’en prenaient violemment aux esclaves.

Le philosophe grec Platon insistait notamment sur l’aspect formateur de cette épreuve solitaire : « On envoyait chaque jeune homme nu, en lui enjoignant d’errer toute une année à l’extérieur, et de se nourrir à l’aide de rapines et d’expédients semblables, cela de manière à n’être visible pour personne. C’est pourquoi on l’appelait Cryptie : car on châtiait ceux qui avaient été vus quelque part ».

Si l’auteur athénien Plutarque qualifiait ce rite de passage, traditionnellement attribué au législateur Lycurgue, d’injuste et barbare, beaucoup de Spartiates estimaient qu’il s’agissait d’une tradition particulièrement noble.

Platon citait également les propos du spartiate Mégillos : « Il y a aussi ce qu’on appelle la Cryptie, exercice prodigieusement pénible et propre à donner de l’endurance, et l’habitude d’aller nu-pieds et de coucher sans couverture en hiver, celle de se servir soi-même sans recourir à des esclaves, d’errer la nuit comme le jour à travers tout le pays ».

Pour Mégillos et ses pairs, il s’agissait d’un bon moyen de façonner les futurs guerriers de Sparte, qui ne reculeraient pas et n’hésiteraient pas à prendre la vie de leurs adversaires lorsqu’ils se retrouveraient sur les champs de bataille.

Une mère spartiate remettant à son fils son premier bouclier

Plusieurs sources antiques évoquent de fortes tensions et une crainte constante de révoltes d’Hilotes au Ve siècle avant notre ère. Par l’intermédiaire de la Cryptie, les Spartiates contribuaient à instaurer un climat de peur visant à les prévenir.

Pour aller plus loin, découvrez ces 10 faits sur le rôle des femmes dans la Grèce antique.

Par Yann Contegat, le

Source: All That Is Interesting

Étiquettes: ,

Catégories: ,

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *