crânes crocodiles
Image d’illustration — kunchit jantana / Shutterstock.com

Des archéologues polonais ont annoncé la mise au jour de reliques animales inédites lors de la fouille des tombes de deux anciens hauts fonctionnaires égyptiens : neuf têtes de crocodiles du Nil.

Un probable symbole de statut social

Qualifiées d’uniques, ces découvertes sont intervenues lors des fouilles de l’ancienne nécropole d’El-Assasif, située sur la rive occidentale du Nil et connue pour abriter les restes de figures importantes de l’Égypte ancienne. Si de nombreuses momies de sauriens avaient été mises au jour le long du fleuve au cours des dernières décennies, celles-ci reposaient dans des catacombes abritant uniquement des dépouilles d’animaux.

« Dans notre cas, les choses sont très différentes », explique Patryk Chudzik, de l’université de Varsovie. « Nous avons trouvé des têtes et non des corps entiers de ces reptiles, qui n’avaient pas subi un processus de momification complet [traitement de conservation notamment] mais simplement été enveloppées dans du lin, et qui se trouvaient dans des sépultures humaines et non dédiées aux animaux sacrés. »

Fouillées depuis 2013, les deux sépultures étaient celles de Cheti, un fonctionnaire important sous le règne du pharaon Nebhepetra Mentuhotep II (2055-2002 av. J.-C.), et d’ un membre anonyme, mais de haut rang, de la cour royale. Le fait que des mandibules de crocodile aient été précédemment découvertes dans la tombe d’un proche collaborateur du pharaon suggère que de telles offrandes étaient étroitement liées au statut social.

« L’absence de découvertes similaires dans les sépultures d’individus de classes sociales inférieures souligne leur importance et suggère qu’elles témoignaient de la position exceptionnelle du défunt », estime Chudzik.

Des créatures vénérées par les anciens Égyptiens

Symboles de force et d’agilité, les crocodiles, dont la présence dans le Nil était annonciatrice d’une crue favorable aux récoltes, étaient vénérés par les anciens Égyptiens. Selon les archéologues, ces créatures étaient étroitement liées à Sobek, divinité souvent représentée sous une forme crocodilienne, associée au pouvoir pharaonique, à la fertilité et aux prouesses militaires.

« La découverte de ces crânes de Crocodylus niloticus ouvre une discussion extrêmement intéressante sur la signification des restes d’animaux découverts dans les tombes égyptiennes anciennes », souligne Chudzik. « Il s’avère qu’il ne s’agissait pas de simples sacrifices, mais qu’ils avaient une importante valeur symbolique. »

Ces dernières années, de nombreuses dépouilles d’animaux ont été mises au jour en Égypte, incluant des momies de chats, oiseaux et cobras, de lionceaux ainsi que de faucons décapités, constituant les preuves d’un rituel jusqu’alors inconnu pratiqué par un ancien peuple nomade.

S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments