Si le Covid-19 devrait vraisemblablement être amené à devenir une maladie saisonnière dans les pays possédant un climat tempéré, il restera une menace constante jusqu’à ce qu’une éventuelle immunité collective soit atteinte, selon cette étude.

Plusieurs vagues épidémiques à prévoir

Dans le cadre de cette nouvelle recherche parue dans la revue Frontiers in Public Health, une équipe de scientifiques de l’université américaine de Beyrouth a estimé que le Covid-19, comme de nombreux virus respiratoires, deviendrait saisonnier. Ce qui se traduirait par des flambées des cas uniquement durant les mois les plus froids de l’année dans les régions tempérées, si l’immunité collective, impliquant qu’une majorité de la population développe durablement des anticorps efficaces après avoir contracté naturellement le virus ou avoir reçu un vaccin, venait à être atteinte.

Selon les auteurs de l’étude, ces conclusions mettent en évidence le besoin urgent de mesures de santé publique visant à limiter sa propagation. « Le Covid-19 n’est pas près de disparaître et continuera à provoquer des épidémies tout au long de l’année jusqu’à ce que l’immunité collective soit acquise. Par conséquent, la population devra apprendre à vivre avec et continuer à porter de masques, pratiquer la distanciation physique, se laver régulièrement les mains et éviter les rassemblements », souligne le virologue Hassan Zaraket, auteur principal de l’étude.

« Le Covid-19 va probablement provoquer plusieurs vagues épidémiques avant que l’immunité collective ne soit acquise », poursuit le chercheur.

Une étude menée par les CDC américains a récemment montré que le fait de fréquenter les bars et les restaurants augmentait le risque de contracter le virus — Michele Ursi / Shutterstock.com

Un taux de transmission actuellement plus élevé que celui de la grippe

Plusieurs types de virus, y compris ceux à l’origine des rhumes les plus courants, sont connus pour suivre des schémas saisonniers. Alors que le pic de cas intervient généralement durant les mois d’hiver dans les régions tempérées, ceux-ci circulent toute l’année dans les régions tropicales. Partant de ce constat, les experts ont analysé différents virus saisonniers, en se concentrant spécifiquement sur les facteurs influant sur leur durée de circulation et ont également passé en revue les dernières travaux concernant la stabilité du SARS-CoV-2 et sa transmission.

En raison des changements de température et d’humidité ambiante, la durée de circulation des virus et la sensibilité de la transmission humaine diffèrent selon les saisons. Les gens sont plus susceptibles de se masser dans des endroits clos par temps froid, ce qui augmente le potentiel de propagation des virus respiratoires. Cependant, le Covid-19 possède aujourd’hui un taux de transmission plus élevé que la grippe, y compris durant les mois plus chauds, en raison de son caractère récent et du fait que les gens n’aient pas encore développé d’immunité.

D’après l’équipe, il faudra par conséquent attendre qu’un pourcentage suffisant de la population soit immunisé contre l’infection par le SARS-CoV-2, avant que le Covid-19 devienne sensible aux facteurs saisonniers, susceptibles de ralentir sa propagation.

Suite à l’importante hausse du nombre de cas de Covid-19 ces dernières semaines en Europe, l’OMS prévoit une forte augmentation de la mortalité en octobre et en novembre — DimaBerlin / Shutterstock.com

Les chercheurs prédisent une trajectoire similaire à celle d’autres coronavirus

« Le taux d’infection par Covid-19 par habitant le plus élevé au monde a été enregistré dans les États du Golfe », souligne le Dr Hadi Yassine, co-auteur de l’étude. « Bien que ce taux soit principalement attribué à la propagation rapide du virus dans les communautés isolées et concentrées, il démontre la nécessité de mesures de contrôle rigoureuses pour limiter la propagation du virus, jusqu’à ce que l’immunité collective soit atteinte. »

« Ce virus est encore relativement nouveau et malgré les avancées scientifiques réalisées à son sujet, de nombreuses inconnues persistent », estime Zaraket. « À l’heure actuelle, rien ne permet d’affirmer avec certitude que nos prédictions se réaliseront dans le futur. Mais nous pensons qu’il est très probable, compte tenu des paramètres dont nous avons connaissance, que le Covid-19 finisse par devenir saisonnier, comme d’autres coronavirus. »

Parmi eux, le chercheur cite notamment le NL63 et le HKU1, qui suivent désormais les mêmes schémas de circulation que la grippe.

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Wam
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Wam

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olibiobus
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olibiobus

Pour obtenir l’immunité au virus Covid d’une part suffisante de la population, se protéger ne serait il pas contre productif ? Nous n’avons pas porté de masque pour nous protéger de la grippe. Pourquoi faudrait il le faire pour le Covid ? Des traitements qui semblent efficaces contre le Covid… Lire la suite »