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La forte hausse du nombre de cas de Covid-19 qui frappe actuellement l’Europe fait craindre à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) une augmentation de la mortalité cet automne.

« Nous allons observer une mortalité plus élevée »

Ces dernières semaines, le nombre de personnes touchées par le Covid-19 a largement augmenté, avec plus de 51 000 nouveaux cas enregistrés le vendredi 11 septembre pour les 55 pays suivis par la branche européenne de l’OMS, dépassant le pic le plus élevé jusqu’alors, enregistré en avril dernier. Si le nombre de décès reste pour l’heure relativement stable en dépit de l’augmentation des cas que connaît le Vieux Continent, la reprise de l’épidémie devrait entraîner une augmentation importante du nombre de décès quotidiens dans les mois à venir, comme le redoutaient les scientifiques il y a quelques semaines.

« Cela va devenir plus dur. En octobre et novembre, nous allons observer une mortalité plus élevée », a notamment déclaré Hans Kluge, directeur de l’OMS en Europe. « Nous sommes à un moment où les pays n’ont pas envie d’entendre ce genre de mauvaise nouvelle, et je le comprends. Mais il faut garder à l’esprit que la pandémie prendra fin, à un moment ou un autre. »

Les déclarations de Kluge sont intervenues en marge de la réunion en ligne à laquelle participaient les 55 États membres de la branche européenne de l’OMS, afin de définir de la stratégie globale à adopter en matière de lutte contre le coronavirus pour les cinq prochaines années. Comme l’a rappelé le scientifique belge, il serait en effet présomptueux de croire que la commercialisation d’un vaccin mette un terme à la pandémie de Covid-19.

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« La pandémie prendra fin lorsque nous aurons appris à vivre avec »

« J’entends tout le temps dire que le vaccin va mettre fin à la pandémie. Bien sûr que non ! Nous ne savons même pas s’il sera efficace pour toutes les parties de la population. Les résultats indiquent qu’il serait efficace pour certains, mais pas pour d’autres. Devoir commander des vaccins différents constituerait un véritable cauchemar logistique », a détaillé Kluge. « La pandémie prendra fin lorsque nous aurons, en tant que communauté, appris à vivre avec. Cela dépend de nous, et c’est un message très positif. »

Le directeur de la branche européenne de l’OMS a mis en garde contre une politisation excessive des approches et déclaré qu’il était essentiel que la réponse proposée soit basée « sur des données épidémiologiques et de santé publique ». Selon Kluge, bien que la recherche progresse, la connaissance du virus reste pour l’heure imparfaite, ce qui sous-entend que les décisions doivent être prises avec une vision incomplète et renforce la nécessité de placer la science au premier plan.

Le nombre de décès quotidiens en Europe est resté globalement stable depuis début juin, avec 400 à 500 décès par jour liés au Covid-19 selon l’organisation. En dépit de la hausse inquiétante du nombre de cas, les futures mesures devraient se révéler différentes de celles adoptées en mars dernier, avec des restrictions imposées à un niveau plus local. « En février, nous ciblions la société… désormais, nous ciblons le virus », a conclu Kluge.

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