Vladimir Poutine a récemment déclaré que 2 millions de doses du vaccin Spoutnik V seraient disponibles dans les jours qui viennent, en dépit du fait que le composé développé par l’Institut de recherche Gamaleya n’ait pas démontré sa sûreté ou son efficacité à grande échelle.

Un vaccin controversé

Ces dernières semaines, les sociétés Pfizer, Moderna et AstraZeneca ont annoncé la disponibilité de vaccins Covid-19 efficaces et sûrs d’ici la fin de l’année. Un véritable tour de force sachant que leur développement avait débuté il y a moins d’un an. De ce point de vue, le vaccin russe Spoutnik V, qui avait été approuvé en août dernier, semble encore plus impressionnant. Mais à la différence des autres vaccins, ce composé est loin d’avoir fait ses preuves.

Alors que les essais à grande échelle de Pfizer ont inclus plus de 43 000 participants, l’essai à la suite duquel Spoutnik V a reçu l’approbation du gouvernement russe en comptait seulement 76, ainsi que « les membres de l’Institut de recherche Gamaleya ayant travaillé sur le vaccin, et, confiants dans son efficacité, se sont volontairement injecté le vaccin », selon le communiqué officiel. Ironiquement, l’ultime phase d’essais cliniques du composé, développé avec le soutien de l’état, ont débuté après que ce dernier a été approuvé.

Les scientifiques ont averti à plusieurs reprises que l’introduction d’un vaccin controversé pourrait avoir des effets dévastateurs, allant d’effets secondaires inattendus à la perte de confiance du public dans son efficacité, et par conséquent des taux de vaccination moindres. Au moment ou AstraZeneca interrompait son essai incluant plus de 30 000 sujets en raison d’un seul effet indésirable (s’étant par la suite révélé sans rapport avec le vaccin), la Russie avait déjà lancé d’importantes campagnes de vaccination.

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Plus de 100 000 personnes déjà vaccinées en Russie

Administré en deux doses, Spoutnik V est proposé aux personnes âgées de 18 à 60 ans ne souffrant d’aucune maladie chronique, n’étant pas enceintes ou n’allaitant pas. Principalement destiné aux travailleurs les plus exposés, celui-ci a déjà été inoculé à plus de 100 000 personnes en Russie, selon le ministre de la Santé Mikhail Murashko. Sur la base des données provisoires d’une étude incluant 18 794 participants, le composé se révèle efficace à 91,4 %, mais de nombreux scientifiques ont déploré un important manque d’informations concernant le protocole suivi.

En dépit de réactions mitigées, la campagne de vaccination russe se déroule pour l’instant sans heurts, avec des centaines de volontaires faisant la queue à Moscou pour recevoir le composé. Ayant refusé de mettre en place un second confinement généralisé, la Russie compte plus que jamais sur Spoutnik V pour mettre un terme à l’épidémie.

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Ailleurs dans le monde, trois autres vaccins sont sur le point d’être testés à grande échelle (États-Unis, Royaume-Uni, Suède et Chine). Bien que leur production, leur stockage et leur distribution constitueront également un défi de taille, ceux-ci laissent espérer un certain retour à la normale dans les mois qui viennent.

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