Les partisans de l’immunité collective, impliquant la circulation du nouveau coronavirus au sein des populations, promeuvent une « dangereuse erreur scientifiquement non étayée », selon des dizaines d’experts de la santé.

Une stratégie « scientifiquement non étayée »

Dans une lettre ouverte récemment publiée dans la revue médicale The Lancet, plus de 80 spécialistes des universités du monde entier ont rappelé que le seul moyen efficace de limiter la surmortalité pendant la pandémie était de contrôler la propagation de la maladie. Celle-ci intervient après que de nombreux médias américains ont rapporté que de hauts responsables de l’administration Trump avaient exprimé leur soutien à une déclaration en ligne prônant l’immunité collective, ayant déjà rassemblé plus de 9 000 signataires à travers le monde.

Alors qu’une seconde vague de Covid-19 déferle sur l’Europe, plusieurs pays ont réintroduit des contrôles sur les déplacements et mis en place des verrouillages régionalisés. Selon les auteurs de la lettre ouverte, les conséquences sociales et économiques du confinement ont conduit à « une démoralisation généralisée et une diminution de la confiance » dans les mesures gouvernementales visant à maîtriser la propagation du virus.

Ce qui se traduit également par un regain d’intérêt pour l’immunité collective, susceptible d’engendrer une importante épidémie non contrôlée chez des personnes considérées comme présentant un faible risque de décès ou de graves complications face au virus.

Parmi les nombreuses failles du concept, les scientifiques évoquent notamment « la transmission non contrôlée par les sujets jeunes susceptibles d’entraîner une morbidité et une mortalité importantes dans l’ensemble de la population », ce qui aurait un coût humain et financier catastrophique, en plus de surcharger les établissements de santé. Selon eux, la possibilité d’être réinfecté par le Covid-19, récemment mise en évidence par une étude britannique, suggère que l’immunité collective n’offre aucune garantie que les personnes ayant contracté le virus restent protégées contre celui-ci pendant une période significative.

— Olena Yakobchuk / Shutterstock.com

Des infections, des souffrances et des décès inutiles

Toujours selon les auteurs de la lettre, cette stratégie présenterait un risque pour les populations vulnérables pour « une durée indéfinie », et entraînerait des « épidémies récurrentes » de Covid-19, semblables à celles causées par de nombreuses maladies infectieuses avant l’invention des vaccins. « Elle imposerait également un fardeau inacceptable à l’économie et aux personnels de la santé, dont beaucoup sont morts du Covid-19 ou ont subi de lourds traumatismes », est-il également précisé dans le document.

Au cours des derniers mois, l’Organisation mondiale de la santé a régulièrement rappelé que tenter d’atteindre l’immunité collective ferait d’innombrables victimes, que son concept même était « contraire à l’éthique » et que tout pays privilégiant cette stratégie faisait « un calcul vraiment dangereux ».

« La grande majorité des gens dans la plupart des pays restent sensibles à ce virus », a notamment estimé Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’organisation. « Le laisser circuler sans contrôle signifie donc permettre des infections, des souffrances et des décès inutiles. »

— agsaz / Shutterstock.com

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Hannibal
Invité
Hannibal

Ma ! Mais la seule bonne stratégie c’est celle de la vaccination collective, capice ?

dacia
Invité
dacia

L’immunité collective est la seule VRAIE SOLUTION !!!!