La crise du coronavirus et la fermeture des frontières ont provoqué une chute sans précédent du prix du pétrole américain. En début de semaine, le prix du baril est même descendu largement en dessous de 0$.

Une première dans l’histoire du pétrole américain

Pour la première fois de son histoire, lundi 20 avril, le cours du baril de pétrole américain est devenu négatif, pour descendre à -37,63$. En d’autres termes, cela signifie que les vendeurs proposaient de payer les acquéreurs pour ce contrat. Cela concerne le baril pour livraison en mai. Les contrats pour ces barils expiraient mardi, les détenteurs devaient donc immédiatement trouver des acheteurs physiques, mais comme il y avait trop de stocks par rapport à la demande (confinement oblige), les possesseurs ont été contraints de non seulement brader leurs prix, mais donc également de rémunérer les acheteurs.

Le pétrole américain n’est pas le seul dans la difficulté. Ce sont tous les pays producteurs qui souffrent. L’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), dont les États-Unis ne font pas partie, prévoyait une baisse de la consommation de 6,85 millions de barils par jour, « sans précédent ». La « guerre des prix » à laquelle se sont livrées l’Arabie saoudite et la Russie y est aussi pour beaucoup dans la baisse du pétrole américain. En effet, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) a, selon Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie, « joué à la roulette russe » avec Vladimir Poutine afin de s’assurer la domination mondiale du pétrole.

— Lukasz Z / Shutterstock.com

Des prévisions moins catastrophiques pour juin

La baisse impressionnante des prix du baril concernait ceux de mai. Pour juin, même si la baisse est également importante, il s’établit à 20,43$, ce qui reste positif. De même, le contrat de WTI (West Texas Intermediate, le pétrole de référence pour le marché américain) pour livraison en juillet est de 26,28$ et pour août, le montant se chiffre pour l’instant à 28,51$. La baisse catastrophique de mai est donc à relativiser par rapport aux prévisions pour les mois suivants. De plus, le Brent de la mer du Nord, autre indicateur de référence du pétrole sur les marchés boursiers, a fini lundi à 25,57$, et n’a donc pas connu de chute.

Jasper Lawler, analyste pour London Capital Group, affirme que les États-Unis, du fait d’être un marché enclavé, ont les plus importants problèmes de stockage. Il rajoute que « la demande est tellement inférieure à l’offre que les réserves pourraient déjà avoir atteint 70 % à 80 % de leurs capacités ». Les stocks américains de pétrole brut auraient augmenté de 19,25 millions de barils, selon l’Agence américaine de l’information sur l’énergie. Toutefois, on peut penser que les résultats positifs attendus les mois suivant mai vont permettre à la première puissance mondiale de voir son avenir pétrolier s’éclairer.

À cause du coronavirus, le pétrole américain a enregistré sa plus forte baisse. Toutefois, le pétrole mondial était déjà entré dans une phase sombre, du fait des manœuvres politiques de l’Arabie saoudite.

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Grace au coronavirus, la production de pétrole de schiste cesse de détruire l’environnement