— Jirapong Manustrong/ Shutterstock.com

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les fausses informations se multiplient : eau de Javel ou boissons chaudes efficaces, remise en cause de l’efficacité des mesures de distanciation sociale… Les idées de mensonge ne manquent pas. Souvent accusé de contribuer à la propagation de ces fausses informations, Facebook a décidé de prendre le taureau par les cornes en notifiant les utilisateurs ayant interagi avec une fausse information.

Les fausses informations explosent depuis le début de l’épidémie

Depuis que la pandémie de Covid-19 est devenue une réalité partout dans le monde, soit depuis janvier, une myriade de fausses informations a explosé. Dès le début de l’épidémie, de faux « remèdes » étaient proposés sur les réseaux sociaux : certains affirmaient que l’ail permettait de guérir du coronavirus. C’est bien sûr totalement faux, ce qui a poussé l’OMS à réagir. D’autres rumeurs circulent, comme par exemple le fait de devoir laisser son sac de courses une heure et demie dans la voiture avant de le ranger ou de laver ses aliments à la Javel, ce qui est bien sur totalement contre-indiqué étant donné que la Javel est extrêmement toxique.

L’une des informations ayant le plus circulé est bien sûr l’efficacité incontestée de l’hydroxychloroquine. Popularisée par le professeur Didier Raoult, Trump souhaiterait la mettre en place aux États-Unis. Toutefois, aucune étude fiable n’a pu être établie jusqu’à présent sur le sujet. Toutefois, la médiatisation autour du sujet, sur les réseaux sociaux essentiellement, et la foire d’empoigne qui s’est ensuivie montrent à quel point les fausses informations circulent extrêmement vite et peuvent trouver un écho. De même, selon un sondage Ifop, 26 % des Français pensent que le SARS-Cov-2 a été créé en laboratoire, et que sa diffusion est intentionnelle. C’est bien sûr complètement faux.

Les mesures mises en place par Facebook pour lutter contre les infox

Afin de mener à bien la lutte contre les fausses informations, qui peuvent parfois être plus dangereuses que le virus lui-même, Facebook a mis en place des mesures dès le début de l’épidémie, notamment en reconduisant les recherches liées au coronavirus vers les sites officiels.

C’est également le cas d’autres réseaux sociaux comme Twitter. Sur Facebook, grâce à ces redirections vers des sites officiels, ce sont déjà plus de 350 millions de personnes qui ont pu s’informer correctement. « Nous avons supprimé des centaines de milliers de fausses informations liées au Covid-19, y compris des théories selon lesquelles l’eau de Javel guérit le virus ou que la distance physique est inefficace pour empêcher la propagation de la maladie », affirme Mark Zuckerberg, patron de Facebook. Mais le réseau social de Mark Zuckerberg va encore plus loin, en affirmant que les usagers ayant interagi avec des posts contenant des fausses informations seront notifiés dans leur fil d’actualité, les encourageant à mieux s’informer sur le coronavirus. Des liens vers les sites officiels comme l’OMS seront contenus dans cette notification.

Facebook est en partenariat avec 60 organismes de fact-checking dans le monde, parlant et examinant les contenus dans plus de 50 langues. En France, ces organismes sont Le Monde, l’AFP, Libération, 20 Minutes et France 24. Ce sont déjà plus de 2 milliards d’utilisateurs qui ont été redirigés vers les plateformes officielles, sur les 2,5 milliards d’utilisateurs que compte le réseau social, ce qui montre le pouvoir des fausses informations.

Les réseaux sociaux sont en partie responsables de la propagation des fausses informations

« Nous ne combattons pas seulement une épidémie, nous combattons aussi une ‘infodémie’« , selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en parlant de l’épidémie de fake news qui s’est abattue sur le monde, en mars dernier. Combattre les infox est donc une lutte acharnée des pouvoirs publics qui travaillent avec les réseaux sociaux. Toutefois, selon un rapport de l’ONG Avaaz, les mesures mises en place par Facebook (les notifications en cas d’interactions avec une fausse information) ne sont pas suffisantes. Ce rapport est en partie à l’origine de la décision de Facebook de notifier les infox.

En 2019 déjà, l’ONG spécialisée dans le militantisme en ligne publiait un rapport sur les fausses informations circulant au sujet des « Gilets jaunes ». Elle pointait notamment du doigt la présence trop importante sur le réseau social de RT France, ex-Russia Today, site d’information pro-Kremlin.

Sur un autre sujet, le scandale Cambridge Analytica nous rappelle que les réseaux sociaux sont loin d’être exemplaires en matière de transparence et de vérités. Cette entreprise britannique, spécialisée dans l’analyse de données, a utilisé à leur insu les données de millions d’utilisateurs de Facebook. Ces données ont ensuite permis à Facebook d’influencer les votes de ces utilisateurs en faveur du Brexit et de Donald Trump. Ce scandale, probablement le plus gros qu’ait connu la firme, démontre que les réseaux sociaux ne sont pas suffisamment neutres dans les informations qu’ils diffusent.

Les réseaux sociaux ont mis en place des mesures afin de lutter contre la propagation des fausses informations. Bien que nécessaires, ces mesures interrogent tout de même quant à leur efficacité réelle, et au passé de ces entreprises qui n’ont pas toujours été regardantes sur la véracité des informations qu’elles diffusent.

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Nahash

Ha ! Le Ministère de la Vérité et sa sémantique fallacieuse sur ce qui est vrai ou faux. C’est l’hôpital qui se fou de la charité !