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La pandémie de coronavirus, notamment le confinement pour éviter la propagation de la maladie, a été bénéfique pour l’environnement. Cela a notamment été le cas dans les grandes villes. En revanche, dans d’autres parties du monde, le fait que les autorités soient préoccupées par la maladie a été une opportunité pour le braconnage et autres méfaits.

Plus de tourisme, plus de financement pour les programmes anti-braconnage

Les marchés de la faune sauvage ont fermé en Chine et la pollution de l’air a considérablement diminué dans de nombreuses villes du monde entier en raison du confinement lié à la pandémie de coronavirus. Ainsi, la pandémie a, d’une certaine manière, contribué à une nette amélioration dans le domaine de la sauvegarde de l’environnement. Malheureusement, ce n’est pas le cas en Afrique australe et orientale. En effet, les risques pour la faune ont augmenté dans ces régions à mesure que les braconniers sont devenus plus actifs.

Selon Nico Jacobs, fondateur de Rhino 911, un organisme à but non lucratif qui assure le transport d’urgence par hélicoptère des rhinocéros qui ont besoin de secours en Afrique du Sud, des incidents de braconnage ont été signalés presque tous les jours dans le pays depuis le début du confinement. « Dès que le confinement a frappé l’Afrique du Sud, nous avons commencé à avoir une incursion presque tous les jours. Au moins neuf rhinocéros ont été braconnés dans la province du nord-ouest de l’Afrique du Sud depuis le confinement, et ce ne sont que ceux que nous connaissons », a déclaré Nico Jacobs au New York Times.

La baisse du nombre de touristes est l’un des principaux facteurs évoqués par rapport à cette augmentation du braconnage de rhinocéros. En effet, les braconniers profitent de l’absence des touristes pour chasser dans des sites habituellement très fréquentés. Par ailleurs, la majorité des zones protégées en Afrique du Sud, mais aussi dans les autres pays concernés par le braconnage de rhinocéros, provient du tourisme. Ainsi, les réserves protégées ne disposent plus de revenus pour pouvoir embaucher des gardes forestiers anti-braconnage, a rapporté National Geographic.

Un coup dur pour les efforts de conservation des rhinocéros en Afrique

Quoi qu’il en soit, les responsables des réserves naturelles africaines continuent à faire leur possible pour bien gérer la situation. C’est notamment le cas de Lynne MacTavish, responsable de la réserve faunique de Mankwe dans la province du nord-ouest de l’Afrique du Sud. Bien que le nombre de personnes travaillant pour la réserve ait été réduit à seulement 21 individus, ces derniers patrouillent jour et nuit pour empêcher le braconnage. Lynne MacTavish a même choisi de ne plus toucher de revenu pour l’allouer à son équipe. « Nous aimons nos rhinocéros. Ils sont nés ici, nous connaissons leur personnalité individuelle. Si nous cessons de nous occuper d’eux, ils n’ont nulle part où aller », a-t-elle déclaré à Gizmodo.

Pour l’instant, le rhinocéros est plus affecté que n’importe quelle autre espère par le braconnage, notamment à cause de l’attrait commercial de sa corne. Le kilo de corne de rhinocéros est actuellement vendu à un coût pouvant atteindre 55 000 euros sur le marché noir. Même en période normale, cette espèce est l’une des plus braconnées au monde. En effet, plus de 8000 rhinocéros ont été tués illégalement entre 2008 et 2018 en Afrique du Sud, où se trouvent 80 % des rhinocéros africains. À cause du braconnage, les rhinocéros africains figurent depuis longtemps maintenant sur la liste des espèces en danger, et la crise du coronavirus risque de porter atteinte aux efforts de conservation de l’espèce qui ont pourtant commencé à porter leurs fruits.

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