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Des chercheurs américains ont constaté que les conversations se terminaient plus rapidement, ou duraient plus longtemps, que les sujets ne le souhaitaient, en raison d’une convention implicite les poussant à ne pas extérioriser leur ressenti au sujet de celles-ci.

« Nous pensons qu’il n’est pas socialement acceptable de mettre abruptement un terme à une conversation »

Lors d’une réception, Adam M. Mastroianni, chercheur à l’université d’Harvard et auteur principal de l’étude, s’était demandé combien des personnes présentes étaient engagées dans des conversations auxquelles elles souhaitaient vraiment mettre fin. Dans le cadre de travaux présentés dans la revue PNAS, lui et ses collègues ont interrogé plus de 800 personnes (367 femmes et 439 hommes) au sujet de conversations récentes qu’elles avaient eues avec un ami ou un membre de leur famille, afin d’en savoir plus sur la durée de celles-ci et la façon dont elles s’étaient terminées.

« Nous pensons qu’il n’est pas socialement acceptable de mettre abruptement un terme à une conversation ou au contraire de la faire durer lorsque notre interlocuteur ne semble pas enclin à la poursuivre », explique Mastroianni. « C’est pourquoi nous sommes assez habiles pour ne pas diffuser cette information. »

Plus de 250 étudiants et non-étudiants, parmi les volontaires pour des études menées au sein du département de psychologie de l’université d’Harvard, ont également été recrutés. Le groupe comprenait 157 femmes, 92 hommes et trois personnes de sexe non spécifié. Les sujets ont été invités à participer à des conversations individuelles en laboratoire avec un autre participant qu’elles ne connaissaient pas préalablement.

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L’équipe de Mastroianni a enregistré chaque conversation et a demandé aux deux participants de parler de ce qui leur plaisait pendant au moins une minute. Une fois la conversation terminée, les deux participants pouvaient quitter la pièce. Si celle-ci durait 45 minutes, quelqu’un entrait dans la salle pour y mettre fin. Les sujets étaient ensuite interrogés séparément sur leur conversation.

Des résultats assez surprenants

Les conversations se terminaient rarement lorsque les participants le souhaitaient (même lorsque ceux-ci avaient le même ressenti à leur sujet et souhaitaient y mettre un terme). Étonnamment, il s’est également avéré que leur durée était en moyenne inférieure d’environ 50 % à celle souhaitée, et que 10 % des sujets avaient mis un terme à celles-ci quand bien même les deux interlocuteurs auraient aimé qu’elles se poursuivent.

« Ils auraient pu continuer, il leur restait du temps », souligne Mastroianni. « Mais pour une raison quelconque, ils se sont arrêtés, pensant peut-être qu’y mettre un terme était la meilleure chose à faire. Essentiellement, nous craignons que notre ressenti au sujet de la conversation soit différent de celui de notre interlocuteur, mais ignorons en grande partie ce que ce dernier souhaite vraiment. »

Pour autant, cela ne sous-entendait pas que les sujets n’appréciaient pas leurs interactions. Généralement, lorsqu’on leur posait la question, les participants déclaraient qu’ils avaient trouvé leur conversation plus divertissante qu’ils ne l’auraient pensé. D’après les chercheurs, qui précisent que l’étude portait exclusivement sur des personnes originaires des États-Unis et que les conversations pourraient se dérouler différemment dans d’autres langues et cultures, une « défaillance globale de notre coordination » serait en cause.

Il y a quelques semaines, une étude néerlandaise avait de son côté estimé que le fait de mentir nous poussait à imiter le langage corporel de notre interlocuteur.

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