Depuis des dizaines d’années, la multiplication des emballages plastiques pour de multiples usages expose pourtant chacun à des substances toxiques, et plus précisément les perturbateurs endocriniens (PE). Le 4 décembre dernier, un rapport parlementaire alertait sur « un enjeu majeur de santé publique ».

Généralités et constats sur les contenants plastiques

Ce mercredi 4 décembre, une mission d’information parlementaire sur les plastiques et les perturbateurs endocriniens (PE) a rapporté ses conclusions. Cela fait suite à dix mois d’auditions de spécialistes : industriels, chercheurs, médecins et agents sanitaires. Malgré l’interdiction il y a quatre ans du Bisphénol A, les substituts dans les matières plastiques utilisés encore aujourd’hui n’en sont pas moins nocifs. « L’exposition généralisée de la population aux perturbateurs endocriniens (PE) présents dans les contenants en plastique — alimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques — s’avère très préoccupante », affirme le rapport des députées LREM Claire Pitollat (Bouches-du-Rhône) et Laurianne Rossi (Hauts-de-Seine), en alertant la classe politique sur le danger des substances auxquelles l’ensemble de la population est exposée.

D’après Michel Vialay, député LR des Yvelines et président de la mission d’information, si les effets du plastique sur l’environnement sont plus visibles et plus connus, leur effet sur la santé humaine est aussi destructeur : les phtalates, bisphénols, impérméabilisants et ignifuges présents dans les matières plastiques se diffusent dans le contenu que nous ingérons.

« La classe politique doit se saisir de ce sujet, qui présente un enjeu majeur de santé publique. Le potentiel d’exposition de la population est énorme et les perturbateurs endocriniens peuvent générer des effets irréversibles sur la santé humaine pendant la vie fœtale, l’enfance et l’adolescence, même à faible dose », rappelle Claire Pitollat. Cinquante recommandations ont été avancées, comme une meilleure visibilité des PE dans la composition des produits, à l’image du « nutriscore », ou un pictogramme pour les produits qui mettraient en danger les femmes enceintes.

Claire Pitollat expliquait à LCI que « chaque semaine, nous ingérons l’équivalent d’une carte bancaire de plastique ».

Les conséquences néfastes du plastique sur notre santé, les solutions proposées

Les perturbateurs endocriniens sont soupçonnés, même à petite dose, de favoriser le développement de pathologies diverses : cancer hormono-dépendant, infertilité, obésité, diabète de type 2, troubles neurocomportementaux et cognitifs, maladies thyroïdiennes.

Les auteurs du rapport demandent aussi une harmonisation des régulations en vigueur — aujourd’hui, les règles sont différentes pour les PE dans les pesticides et ceux dans les contenants plastiques —, ainsi qu’une plus grande transparence concernant leur présence dans les produits et emballages. À la distinction actuelle entre les PE « avérés » et « suspectés », le rapport demande aussi une catégorie de PE « présumés ». De plus, la protection des populations les plus vulnérables est une priorité du rapport, et une des mesures vise au bannissement de tout contenant alimentaire de cuisson, de préchauffe et de service en matière plastique utilisé par les cantines de crèches, d’écoles et d’universités (une mesure déjà votée, mais seulement appliquée en 2025), ainsi que les assiettes plastiques dans les maternités pour les femmes qui allaitent.

Le rapport demande avant tout une vraie implication de la recherche scientifique, afin de connaître au mieux tous les risques liés aux PE, pour mieux s’en passer à l’avenir.

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