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1 268 mètres sous le fond marin : la « Cité perdue » de l’Atlantique continue à révéler ses secrets

Voyage au centre de la Terre (ou presque)

— © NOAA Photo Library

Dans l’Atlantique nord, un forage profond a permis d’éclairer la dynamique complexe alimentant un vaste système de cheminées hydrothermales, à la base de la chaîne alimentaire océanique.

Géologie profonde

Après s’être infiltrée profondément dans la croûte océanique, l’eau de mer est surchauffée par le magma souterrain et finit par jaillir, chargée d’hydrogène, de méthane et d’autres composés chimiques essentiels, par les évents hydrothermaux.

Ces fluides apportent les composés chimiques nécessaires au développement d’importantes communautés de micro-organismes, spécialement adaptés pour supporter des températures extrêmes et s’appuyant sur la chimiosynthèse, plutôt que sur la lumière solaire, pour produire de la matière organique, laquelle nourrit ensuite une grande diversité d’organismes des grands fonds.

En 2023, des chercheurs se sont penchés sur la « Cité perdue », un système hydrothermal situé à environ 900 mètres sous la surface de l’océan, au cœur du massif d’Atlantis, là où se rencontrent les plaques nord-américaine, eurasienne et africaine.

Détaillée dans la revue Geochemistry, Geophysics, Geosystems, la récente analyse d’un échantillon de croûte terrestre prélevé à 1 268 mètres sous le fond marin a révélé une forte présence de péridotites, roches caractéristiques du manteau terrestre supérieur. Dans ce cas, les forces tectoniques ont soulevé et mis à nu des sections de cette couche profonde, autrement inaccessibles.

— © NOAA Photo Library

La « tuyauterie cachée » de la Cité perdue

L’équipe a également découvert que l’échantillon était riche en « eau de formation », s’étant retrouvée piégée dans les pores des couches rocheuses souterraines profondes. Étroitement similaire à celle des fluides jaillissant des cheminées hydrothermales voisines, sa composition chimique indique une interaction prolongée avec des roches chaudes (plus de 300 °C).

Si les chercheurs soupçonnaient depuis longtemps qu’un tel phénomène alimentait les systèmes hydrothermaux, nous ne disposions jusqu’à présent d’aucune preuve tangible.

« Nos analyses fournissent la première preuve directe d’une circulation de fluides à haute température en profondeur à travers des lithologies gabbroïques et ultramafiques sous le massif de l’Atlantis », écrivent les auteurs de la nouvelle étude. « Elles révèlent comment l’eau de mer circule au sein des plaques océaniques et transporte de l’énergie chimique vers des environnements moins profonds, favorisant ainsi la vie microbienne. »

Précédemment, des scientifiques avaient découvert une « pompe à microbes géante » sous l’océan.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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