
En explorant une zone de dorsales et de fosses dans le sud-est de l’océan Indien, des chercheurs sont tombés sur le plus ancien, profond et vaste cimetière de baleines connu, abritant des fossiles remontant dans certains cas à plus de 5 millions d’années.
Nécropoles sous-marines
Composée de scientifiques chinois, italiens et néo-zélandais, la mission a impliqué plus de 30 plongées à bord d’un submersible au niveau de la zone de fracture de Diamantina, formée il y a entre 50 et 60 millions d’années par l’éloignement progressif des continents australien et antarctique. Au total, ce sont 485 groupements de fossiles de baleine qui ont été identifiés.
Alignés sur un axe nord-ouest/sud-est s’étendant sur plus d’un millier de kilomètres, ces groupements formaient un « super-corridor » jusqu’alors inconnu. Selon l’équipe, généralement, les cimetières de baleines sont observés à des profondeurs inférieures à 4 000 mètres. Dans ce cas, la « nécropole » la plus profonde se trouvait à plus de 7 kilomètres sous les vagues.
Le plus grand squelette identifié était celui d’un rorqual de l’Antarctique, long de cinq mètres. Parmi les témoignages de cétacés depuis longtemps disparus, le crâne fossilisé de la baleine à bec Pterocetus benguelae, remontant à 5,3 millions d’années, et celui d’une espèce préhistorique nouvelle pour la science, baptisée Pterocetus diamantinae.
Les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Nature, ont également identifié cinq carcasses de baleines modernes en état avancé de décomposition, attirant une faune diversifiée comprenant crustacés, mollusques, vers nécrophages et ophiures, dont certains jusqu’alors inconnus.

Une vie unique
Comme l’explique Jon Copley, de l’université de Southampton, les cimetières de baleines s’apparentent à des îlots de biodiversité des grands fonds, comprenant des communautés animales typiques des cheminées hydrothermales.
« Trouver ces nécropoles de baleines, avec des concentrations atteignant jusqu’à 800 squelettes par kilomètre carré, a été une surprise, et les raisons d’une telle diversité d’espèces de cétacés restent à ce stade assez mystérieuses », estime le scientifique. « Il pourrait s’agir d’une route migratoire, empruntée par des cétacés filtreurs évoluant à faible profondeur, ainsi que des chasseurs plongeant profondément à la recherche de calmars. »
Pour Giovanni Bianucci, de l’université de Pise, de telles découvertes illustrent notre méconnaissance des environnements aquatiques et extrêmes de notre planète, et de leur vie unique.
L’an passé, le retrait d’un glacier arctique avait révélé un vaste cimetière de baleines préhistoriques.
Par Yann Contegat, le
Source: The Guardian
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Catégories: Actualités, Histoire