Aller au contenu principal

Isolé depuis 12 000 ans, ce lac abrite 5 millions de méduses que l’on ne trouve nulle part ailleurs

Elles forment de véritables tapis que les touristes se pressent pour admirer

— © pictcorrect / Flickr

Nichée au sein du petit archipel pacifique des Palaos, l’île d’Eil Malk se distingue par son lac abritant une population absolument unique au monde de méduses, fruit de milliers d’années d’isolement.

Le « Lac aux Méduses »

Mesurant environ 400 mètres de long pour une profondeur d’une trentaine de mètres, le bien-nommé « Lac aux Méduses » trouve ses origines il y a environ 12 000 ans. À cette époque, les variations du niveau de la mer ont isolé durablement cette partie de l’île des lagons voisins.

Au fil du temps, et à l’écart des pressions humaines, la sélection naturelle a fait son oeuvre, donnant naissance à une sous-espèce unique de cnidaire : la méduse dorée (Mastigias papua etpisoni).

Le cycle quotidien de ces cousines de la méduse tachetée implique leur migration vers la surface aux premières lueurs du soleil. S’arrêtant au niveau de sa ligne d’ombre, elles se déplacent vers l’ouest et répètent la même opération autour de midi, donnant lieu à la formation de véritables « tapis de méduses » que les touristes se pressent pour admirer.

Suivre la course de notre astre se révèle essentiel pour ces organismes cultivant une relation symbiotique avec les dinoflagellés du lac qui ont élu domicile dans leurs tissus. L’exposition au rayonnement solaire va permettre à ces algues unicellulaires de réaliser la photosynthèse, qui partagent en retour une partie des sucres qu’elles produisent avec leurs hôtes gélatineux.

— © LuxTonnerre / Flickr

Populations fluctuantes

Bien qu’il ne s’agisse pas de la seule espèce de méduse du lac, M. papua etpisoni est de loin la plus importante, avec des effectifs aujourd’hui estimés à environ 5 millions d’individus.

Il n’en a cependant pas toujours été ainsi : on estime que les populations de méduses dorées ont connu leur pic en 2005, avec quelque 30 millions de spécimens. Onze ans plus tard, des conditions anormalement sèches, que l’on pense liées au phénomène météorologique El Niño, ont entraîné une chute drastique du niveau du lac, fermé aux plongeurs et baigneurs.

Il a fallu attendre 2019 pour que cette communauté unique, lourdement impactée par les bouleversements environnementaux en découlant, se reconstitue.

Au cas où vous l’ignoriez, aux Philippines, un lac de cratère isolé depuis des siècles abrite un serpent marin… d’eau douce.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

Étiquettes: ,

Catégories: , ,

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *