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Ces étranges excroissances sur les pattes des chevaux sont des vestiges de leur évolution

Les premiers équidés sont apparus il y a environ 55 millions d'années

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— Inesmeierfotografie / Shutterstock.com

La trajectoire évolutive de nombreux organismes peut être en partie retracée grâce aux vestiges qu’elle laisse derrière elle. Chez le cheval, les plus intrigants sont observés au niveau des pattes.

Structures vestigiales

Si les équidés actuels sont monodactyles (un seul doigt complet et porteur par membre), en 2018, une étude avait suggéré que des reliques des cinq doigts de leurs lointains ancêtres subsistaient chez les chevaux. Deux ans plus tard, des travaux publiés dans la revue Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences ont apporté les premières preuves solides que cinq condensations digitales apparaissaient effectivement au cours du développement embryonnaire équin.

Il ne s’agit pas des seules structures vestigiales documentées chez ces animaux. Pouvant se développer au-dessus du genou sur les membres antérieurs et sous le jarret sur les membres postérieurs, des excroissances de kératine (principal constituant de nos ongles et de nos cheveux) sont souvent présentées comme des « châtaignes ». Tout à fait bénins, ces nodules croûteux peuvent se détacher naturellement une fois « mûrs ».

Bien que plusieurs théories aient été avancées au fil des années quant à leur fonction, il pourrait s’agir des vestiges d’une glande odorante, présente chez leurs parents préhistoriques et subsistant par ailleurs chez certains ongulés actuels, tels que les cerfs. Jusqu’au XXe siècle, une croyance répandue (et sensiblement farfelue) voulait même que ces structures aident les chevaux à voir dans l’obscurité.

En raison de leur forme et de leur texture uniques, qui les rapprochent de nos empreintes digitales, les châtaignes sont parfois utilisées pour l’identification équine.

Exemple de « châtaigne » — © Zeppo1 / Wikimedia Commons

Ergots

Autres structures similaires sur les pattes des équidés actuels : les ergots, qui sont des excroissances calleuses situées à l’arrière du boulet. Contrairement à ce que sa position suggère, ce dernier correspond anatomiquement à l’articulation située à la base de nos orteils plutôt qu’à notre cheville.

Pour certains chercheurs, les ergots seraient des vestiges digitaux directs, tandis que d’autres les considèrent davantage comme de coussinets plantaires ancestraux.

Ils ont tendance à être plus fréquents chez les chevaux à « plumes », qui ne se rapportent pas à d’hypothétiques ailes semblables à celles de Pégase, mais désignent les franges de poils observées à la base des pattes de certaines races, comme le Shire, plus grand cheval actuel.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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