
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, des millions de chevaux sont mobilisés. Parmi eux, un certain Warrior, qui va passer quatre années sur le front occidental et survivre à certaines des batailles les plus meurtrières du conflit.
Quatre années sur le front
Né en 1908 sur l’île de Wight, Warrior est la monture du général britannique Jack Seely. Lorsque ce dernier rejoint le front, son fidèle destrier l’accompagne. Il connaît son baptême du feu le 11 août 1914, lors de la première bataille d’Ypres, en Belgique. Au début du conflit, la cavalerie est largement utilisée, mais les mitrailleuses et l’artillerie rendent ces charges particulièrement périlleuses.
Durant la tristement célèbre bataille de la Somme, qui coûtera la vie à plus de 300 000 hommes en 1916, l’équidé est enseveli suite à l’explosion d’un obus. Si seul l’un de ses antérieurs dépasse alors du sol, il est bien vivant lorsque les Britanniques parviennent à le dégager. En 1917, il participe à la bataille de Passchendaele, marquée par des précipitations incessantes, transformant le théâtre des affrontements en un véritable bourbier où hommes et animaux peinent à progresser.
Cette même année, le Pur-sang anglais accompagne également Seely lors de la bataille de Cambrai, au cours de laquelle les Britanniques déploient des centaines de chars, et survit à l’effondrement d’un pont. Quelques mois plus tard, il prend part à l’assaut du bois de Moreuil, près d’Amiens. Progressant sous un feu allemand nourri, les cavaliers alliés sont bientôt contraints de mettre pied à terre. Une nouvelle fois, Warrior en sort indemne.
Fortement intoxiqué par les gaz de combat, Seely est démobilisé quelques jours plus tard, mais pas son cheval. Passé sous la selle d’un autre officier, il poursuit son service jusqu’à la fin du conflit, durant lequel il aura également échappé à deux incendies d’écuries.

Une « retraite » bien méritée
Rapatrié en Angleterre à la toute fin de l’année 1918, Warrior retrouve les près de l’île de Wight et un quotidien nettement moins agité. Au cours des années suivantes, il prend part à plusieurs compétitions hippiques, et s’illustre notamment en 1922 en remportant la Lightweight Race du Isle of Wight Point-to-Point.
Au cœur de l’ouvrage My Horse Warrior, publié en 1934 et dans lequel Jack Seely relate ses exploits, il coule des jours paisibles jusqu’à sa mort en 1941, à l’âge de 33 ans.
En 2014, « Le cheval que les Allemands ne pouvaient pas tuer » se voit décerner à titre posthume la médaille Dickin, distinction créée durant la Seconde Guerre mondiale, honorant les animaux s’étant illustrés lors de conflits armés.
Par Yann Contegat, le
Étiquettes: cheval, première guerre mondiale
Catégories: Histoire, Animaux & Végétaux, Articles