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Dans quelques semaines, la nation Cherokee deviendra officiellement la première tribu d’Amérique du Nord à sauvegarder plusieurs de ses variétés de culture ancestrales dans la Réserve mondiale de semences du Svalbard.

Une première historique

Véritable coffre-fort végétal creusé dans la roche norvégienne, la Réserve mondiale de semences du Svalbard recense aujourd’hui quelque 992 000 échantillons de semences provenant du monde entier. Et il se trouve que cette vaste collection destinée à sauvegarder la biodiversité végétale mondiale s’apprête à recevoir des graines d’une importance particulière. Celles-ci proviennent en effet de la nation Cherokee, plus grande tribu des États-Unis avec 370 000 membres recensés, et constituent une part importante de son identité et de son patrimoine culturels.

Si une tribu autochtone du Pérou y avait précédemment déposé des semences d’une variété de pommes de terre, c’est la première fois qu’une tribu originaire d’Amérique du Nord aura l’occasion « d’entrer » dans l’arche végétale norvégienne. Appartenant à des variétés traditionnelles cultivées bien avant l’arrivée des Européens sur le continent américain, les échantillons envoyés seront au nombre de neuf : quatre variétés de maïs, dont le Cherokee aigle blanc, que la tribu considère comme son maïs le plus sacré, ainsi que quatre variétés de haricots et une variété de courge.

« C’est une première historique et un véritable honneur de voir une partie de notre héritage culturel perdurer pour toujours », a déclaré Chuck Hoskin Jr, principal chef de la nation Cherokee, dans un communiqué.

Une poignée de graines de maïs Cherokee aigle blanc

Cet héritage culturel est menacé par le changement climatique

À l’occasion d’un entretien accordé au Guardian, Pat Gwin, directeur général chargé des ressources environnementales de la nation Cherokee, a expliqué que préserver ces variétés ancestrales s’avérait crucial, car celles-ci avaient la particularité de n’être cultivées qu’en Oklahoma, fief de la tribu régulièrement sujet aux tornades et ayant connu deux épisodes prolongés de sécheresse et de multiples inondations au cours de la dernière décennie. Des phénomènes qui pourraient s’intensifier dans les années à venir avec l’accélération du réchauffement climatique et mettre en péril ce précieux héritage culturel.

Afin d’éviter que ces trésors végétaux ne disparaissent, la nation Cherokee distribue depuis plusieurs années des graines à ses membres, et avait décidé l’an dernier de créer son propre coffre-fort végétal, en s’inspirant de ce qui se faisait en Norvège. Lorsque Luigi Guarino, en charge de la gestion de la Réserve mondiale de semences du Svalbard, a eu vent de cette initiative, il a rapidement contacté les responsables de la tribu et leur a proposé d’apporter leur contribution en envoyant plusieurs échantillons de graines à l’arche végétale norvégienne, conçue pour pouvoir accueillir jusqu’à 4,5 millions de variétés de cultures.

« Dans notre culture, les Cherokees ne peuvent subsister sans leurs plantes. Cette initiative ajoute une part d’infini à cette croyance », conclut Pat Gwin.

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