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C’est un amendement qui a suscité beaucoup de polémiques : trois députés avaient proposé que les chats soient classés comme espèce nuisible. Heureusement, le projet de loi a été jugé irrecevable par l’Assemblée nationale, soulageant les associations de protection des animaux.

Un projet de loi qui a soulevé la polémique

Dans le cadre de la loi sur le bien-être animal, trois députés – Frédérique Dumas, Martine Wonner et François-Michel Lambert qui sont tous membres du groupe Libertés et territoires – ont proposé un amendement qui classerait le chat comme « animal nuisible ». Selon les trois députés, cette modification de la loi a été proposée en raison du fait que les chats sont des prédateurs et qu’ils peuvent ainsi menacer « certaines espèces animales, parfois protégées, sur le territoire français : oiseaux, petits mammifères, lézards ». Le document proposant l’amendement n°116 indiquait également que « le chat fait partie des espèces d’animaux susceptibles d’occasionner des dégâts et d’être classées nuisibles par le ministre chargé de la chasse ».

⚠️ ALERTE [Merci de lire les mises à jour en fin de post]Des députés proposent de classer le chat comme espèce "…

Publiée par Hugo Clément sur Mercredi 7 octobre 2020

Si l’amendement avait reçu l’approbation de l’Assemblée nationale, cela aurait donné l’autorisation aux préfets des départements français d’ordonner des battues administratives à l’encontre de l’animal. Des opérations d’éradication par tirs, piégeage ou déterrage auraient ainsi pu être organisées. Par ailleurs, il aurait été autorisé de tuer un chat sans avoir besoin d’un permis de chasse. Heureusement, l’amendement a été rejeté par le palais Bourdon. En effet, il a été jugé irrecevable par l’Assemblée nationale en raison d’un problème de procédure.

Par ailleurs, la proposition a reçu un retour généralement négatif de la part du public. Initialement signalée par la Fondation Brigitte Bardot sur Twitter, l’information a rapidement fait le tour des réseaux sociaux et a provoqué l’indignation des internautes, ainsi que des organismes de protection des animaux. Face à la réaction du public, Frédérique Dumas et Martine Wonner ont décidé de retirer leurs signatures de l’amendement. De son côté, Mme Wonner a nié le fait d’avoir signé ce projet de loi, tandis que Mme Dumas a admis dans un message sur Twitter que sa signature « n’aurait jamais dû y figurer ».

La prédation des chats : un sujet qui a déjà été soulevé par d’autres

De son côté, le député François-Michel Lambert est fermement resté sur ses positions. Ce dernier a admis que sa proposition de loi ne recevrait pas un accueil très populaire, rapporte France 3. Quoi qu’il en soit, il a maintenu que les chats étaient des « surprédateurs », surtout lorsqu’ils sont à l’état sauvage. En tant que tel, il représente une réelle menace, surtout dans la mesure où c’est une espèce qui se reproduit facilement et rapidement. « En France, le chat est hors de contrôle dans sa prolifération, il y en a 400 000 de plus chaque année. Bientôt la France sera le pays qui aura la moitié des chats d’Europe sur son territoire », a affirmé le député. Par ailleurs, François-Michel Lambert n’est pas le premier à avoir évoqué la menace que représentent les chats.

Avant lui, Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs, avait également déclaré qu’il était nécessaire de chasser les chats sauvages pour préserver la biodiversité. De son côté, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) avait mené une étude sur la prédation du chat domestique. Si la LPO n’a pas exigé des mesures aussi vindicatives que l’éradication, l’organisation a tout de même noté qu’un chat pouvait chasser entre 20 à 1 000 proies par an, selon sa condition de vie. Si l’amendement du député Lambert visait essentiellement les chats sauvages, il a également fait valoir que même les chats domestiques pouvaient occasionner des problèmes, dans la mesure où le simple fait de les élever générait beaucoup de déchets. Face à ce problème, la LPO ainsi que les organismes de protection des animaux ont proposé la castration comme solution.

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