6 raisons pour lesquelles les champignons sont capables de sauver le monde

Et si la survie de notre espèce et de notre planète passait par les champignons ? C’est ce qu’avance Paul Stamets, un mycologue réputé, dans une conférence TED. Santé, pollution, écologie, nous vous faisons découvrir ces 6 propriétés surprenantes des fungi.

 

Ils pourraient servir à nettoyer des nappes de pétrole

Plan rapproché d’un mycélium de champignon

Le mycélium est ce que l’on pourrait assimiler aux racines des champignons. Il est composé de filaments blancs, souvent trouvés à environ 20-50 centimètres sous la terre et qui peut s’étirer sur plusieurs kilomètres. Et il y a quelques années, il a été découvert que le mycélium servait de lien de transferts pour les nutriments entre les plantes. Sa présence peut ainsi accélérer la croissance des plantes et des arbres.

Lors d’une expérience conduite avec la participation de Paul Stamets, des scientifiques ont utilisé le mycélium pour absorber un amas de diesel et de déchets pétroliers à Bellingham, dans l’état de Washington. Il se trouve que le mycélium est capable d’absorber le pétrole : celui-ci produit des enzymes, les peroxydases, qui peuvent décomposer les hydrocarbures. Six semaines après l’inoculation, les scientifiques sont revenus et ont vu que l’amas s’était recouvert de pleurotes en huître. Les enzymes avaient transformé les hydrocarbures en hydrates de carbone, en glucides fongiques.

 

Ils pourraient lutter contre certains virus

Paul Stamets mettant en avant un spécimen d’agarikon.

Beaucoup de médicaments actuels ont des principes actifs d’abord trouvés dans la nature, notamment chez les champignons. Et certains n’ont pas fini de dévoiler leurs secrets. C’est le cas de l’agarikon, un champignon présumé disparu en Europe mais qui survit aux États-Unis. Ce champignon était déjà utilisé dans la Grèce antique pour traiter diverses maladies, notamment respiratoires.

Il a été découvert que l’agarikon a des propriétés permettant de lutter contre la tuberculose. Et selon Stamets, ce n’est pas tout. Après avoir fait examiner ses échantillons, il a été découvert que certaines souches de ce champignon sont très actives contre les poxviridae, des virus notamment responsables de la variole. Comme il est expliqué dans sa conférence TED, il suffit d’avoir un indice de 2 à 3 pour considérer qu’une souche est active contre tel ou tel virus. Dans le cas des échantillons d’agarikon présentés par Stamets, ils étaient actifs à un indice supérieur ou égal à 10.

 

Ils pourraient également lutter contre les virus grippaux

Vue au microscope d’un virus de type Influenza (grippe).

Il se trouve que l’agarikon peut également lutter contre les virus grippaux comme le H3N2 ou le H1H1. Après avoir vérifié l’efficacité des souches de ce champignon contre les poxviridae, Stamets s’est tourné vers la grippe. Lui et son équipe ont réalisé plusieurs tests sur des virus grippaux A et B, avec différentes souches du champignon. Les indices d’activité dépassaient les 100. Puis ils ont fait la même expérience avec une combinaison de différentes souches, contre le virus H5N1 : le résultat dépasse alors 1 000.

 

Ils pourraient transformer des boîtes en carton en forêts

Image promotionnelle de la ‘Life Box’ fournie par Paul Stamets.

Paul Stamets raconte ensuite qu’il a souhaité développer un moyen de livraison écologique, qu’il a baptisé Life Box. C’est une boîte en carton que l’on peut adapter à n’importe quel contenu, mais ce qui en fait sa spécificité est le fait qu’il y a inclus dans les mailles du carton plusieurs dizaines de graines d’arbres ainsi que des spores de champignons capables de former une relation symbiotique avec les arbres en question. Une fois mis en terre et arrosé, le carton prend alors vie : champignons et graines se développent conjointement, ce qui aboutirait à la pousse d’une centaine d’arbres environ.

 

Ils pourraient repousser les insectes sans avoir recours aux insecticides

Vue d’une fourmi dite « charpentière » dont le genre est à l’origine de la trouvaille de Paul Stamets.

Paul Stamets s’est également intéressé aux propriétés anti-insectes de certains champignons, certains ayant même la capacité de tuer les insectes, selon lui. Il raconte ainsi que sa maison était infestée de fourmis noires gâte-bois, qui détruisaient peu à peu son habitation. Après quelques recherches, il a remarqué que certaines études mentionnaient que le genre de champignon metarhizium était capable de tuer ces fourmis et les termites.

Après plusieurs expériences, il a découvert qu’un mycélium de ce genre de champignons, qui avait arrêté de produire des spores, pouvait tuer les fourmis et termites en un très court laps de temps mais pouvait également repousser indéfiniment les insectes après coup. Depuis, Stamets a fait en sorte d’affiner et breveter ses découvertes et il se trouve que l’un de ses brevets est, d’après certains experts de l’industrie des pesticides, l’une des technologies les plus efficaces qu’ils aient jamais vues.

 

Ils pourraient être utilisés pour fabriquer du carburant

Vue alternative d’un mycélium sous terre.

C’est peut-être la découverte de Stamets la plus intéressante au regard du réchauffement climatique. Là encore, c’est le mycélium qui joue un rôle prépondérant : en inoculant du maïs avec un mycélium, ce dernier parvient à convertir la cellulose contenue par la céréale en glucides fongiques. Le mycélium joue ici le rôle d’intermédiaire dans la conversion de la cellulose en éthanol, qui peut alors servir de carburant.

 

C’est très surprenant d’apprendre que les champignons ou certaines parties des champignons, peuvent être utilisés de tant de façons différentes. On imagine que Paul Stamets n’en restera pas là et continuera à tenter de percer les secrets des fungus.


Chaque année, les Français jettent 81.000 tonnes de déchets sauvages sur le bord de l’autoroute, les plages et la montagne.

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