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L’anatomie très singulière d’un nouveau grand dinosaure herbivore bouscule les repères des paléontologues en Chine

Des chercheurs révèlent en Chine le fossile d’un grand théropode herbivore vieux de 120 millions d’années. Cet animal modifie notre regard sur les premiers thérizinosaures. En effet, sa morphologie singulière aide à mieux cerner l’adaptation de ces géants disparus.

Reconstitution d’un Kayrasaurus changliensis couvert de plumes, utilisant ses longues griffes pour atteindre des branches dans une forêt du Crétacé.
Reconstitution de Kayrasaurus changliensis, un grand thérizinosaure herbivore au long cou et aux immenses griffes courbées, évoluant dans les forêts de Chine il y a environ 120 millions d’années. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Un squelette presque complet trouvé en Chine dévoile l’allure unique du nouveau Kayrasaurus changliensis

Quatre spécialistes publient leurs travaux dans le Journal of Systematic Palaeontology. Ils décrivent un fossile presque intact exhumé dans la formation d’Yixian, située en Chine. Par conséquent, cette trouvaille majeure enrichit notre savoir sur la période lointaine du Crétacé inférieur.

Chun-Chi Liao, William J. Freimuth, Lindsay E. Zanno et Xing Xu nomment cette espèce Kayrasaurus changliensis. Ce grand animal marchait debout sur deux pattes solides. Pourtant, ce colosse consommait surtout des végétaux dans son milieu forestier.

L’animal arborait un large ventre proéminent couvert de plumes. De plus, son cou allongé devançait des membres munis de très longues griffes courbées. Ainsi, cette étrange silhouette rappelle les oiseaux actuels, malgré un gabarit bien plus lourd.

Ce thérizinosaure dépasse largement par sa corpulence tous les autres spécimens fossiles du biote de Jehol

Ce nouveau dinosaure mesurait plus de 3,6 mètres de long. Son poids oscillait entre 117 et 274 kilogrammes selon les estimations scientifiques. Dès lors, il devient le plus grand thérizinosaure recensé dans le célèbre biote de Jehol.

Il dépasse d’au moins 1,6 fois la taille de son cousin Beipiaosaurus inexpectus. Les chercheurs comblent ainsi un vide morphologique entre plusieurs groupes déjà répertoriés. Enfin, cette stature remarquable prouve l’évolution rapide de ces herbivores durant le Crétacé.

Une dentition très dense et une griffe singulière distinguent nettement ce grand dinosaure mangeur de plantes

La mâchoire supérieure abritait plus de 32 dents particulièrement petites et très serrées. De son côté, la partie inférieure en alignait plus de 45. Cette singulière profusion dentaire facilitait sans doute le broyage continu des feuillages très coriaces.

Ses vertèbres cervicales dépassaient nettement la longueur de ses os dorsaux. Ainsi, ce cou allongé offrait une grande mobilité pour atteindre la cime des plantes. Pourtant, cette structure osseuse imposait une posture relativement lourde pendant ses déplacements.

Les scientifiques observent aussi un curieux rebord surélevé sur l’une de ses grandes griffes. Or, aucun autre membre de cette famille ne possède une telle spécificité. Cette arme courbée aidait vraisemblablement l’animal à rabattre les branches avant chaque bouchée.

La forme globale du crâne et des mâchoires révèle des stratégies variées pour s’alimenter au Crétacé inférieur

Le crâne présente une ouverture nasale particulière et une fente triangulaire sur la mâchoire. Ces traits confirment l’existence de niches écologiques distinctes parmi ces herbivores bipèdes. En effet, certains individus privilégiaient une morsure puissante, alors que d’autres misaient sur l’agilité.

Des espèces comme Jianchangosaurus et Lingyuanosaurus couraient plus vite pour trouver leur nourriture. Toutefois, les chercheurs restent prudents sur le comportement de ce grand fossile. En effet, l’absence des pattes arrière et un crâne très aplati limitent les conclusions.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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