Ce champignon terrifiant envahit le corps des fourmis pour les « zombifier »

Ce champignon est capable de prendre le contrôle d’une fourmi dans le but de propager ses spores. Si on pensait jusqu’à aujourd’hui qu’il influait chimiquement sur son cerveau, une nouvelle étude vient d’établir qu’il évitait soigneusement de s’y attaquer… afin de la garder en vie. On vous explique tout.

 

Un champignon démoniaque qui zombifie littéralement son hôte

Ce parasite, connu sous le nom de Cordyceps mais souvent présenté comme un « champignon zombificateur de fourmis », fait notamment des ravages au Brésil, en poussant les insectes qu’il infecte à grimper sur la végétation surplombant la fourmilière, afin de diffuser au mieux ses spores. Il force ensuite la fourmi à rester solidement arrimée à la feuille, où elle finit par mourir. Passé une période 4 à 10 jours, le Cordyceps se développe à l’intérieur et à l’extérieur de la carcasse de l’insecte mort. Des tiges finissent par émerger et libèrent des spores qui vont infecter d’autres fourmis, et ainsi de suite.

Si les agissements de ce champignon démoniaque sont étudiés depuis plus de 100 ans, la mécanique complexe régissant ses interactions avec la fourmi n’avait été qu’effleurée par les études précédentes. Mais grâce à l’étude menée par des chercheurs de l’Université de Penn State (Pennsylvanie), on en sait désormais beaucoup plus. Comme l’explique Maridel Fredericksen : « nous avons examiné les interactions au niveau cellulaire entre le parasite et son hôte lorsque ce dernier s’agrippe fermement à la végétation à l’aide de ses mandibules. En réalité, le champignon secrète des métabolites spécifiques qui atrophient les muscles des mandibules de la fourmi ».

 

Il évite soigneusement le cerveau et contrôle directement les muscles de la fourmi

Les chercheurs ont utilisé des microscopes afin de déterminer l’emplacement et l’activité des dits champignons à l’intérieur du corps des fourmis. Ils ont ensuite prélevé des morceaux de tissus afin de les analyser en faisant appel à une intelligence artificielle : un algorithme d’apprentissage capable de différencier les cellules fongiques de celles de la fourmi, et donc d’évaluer la proportion de cellules effectivement infectées par le Cordyceps à ce moment précis. Ils ont ainsi découvert que les cellules du Cordyceps avaient proliféré dans tout le corps de l’insecte, de la tête aux pattes en évitant soigneusement le cerveau, et étaient toutes interconnectées.

Si le champignon évite soigneusement d’attaquer le cerveau de son hôte, c’est tout simplement pour influer chimiquement sur le comportement et les déplacements de la fourmi contaminée en la gardant vivante. Comme l’explique le chercheur David Hughes : « chez les animaux, le cerveau contrôle normalement les actions en envoyant des signaux aux muscles, mais nos recherches montrent que le champignon contrôle son hôte comme un marionnettiste sa marionnette. C’est lui qui actionne les muscles et manipule les pattes et les mandibules de la fourmi ».

La carcasse d’une fourmi zombifiée par le Cordyceps

En résumé, les chercheurs estiment que le Cordyceps évite soigneusement d’infecter le cerveau de sa victime afin de la garder vivante jusqu’à ce qu’elle s’arrime solidement à la végétation avant de mourir, moment critique et indispensable à la reproduction fongique.


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