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Savez-vous comment vous parvenez à rester concentré malgré toutes les distractions qui peuvent vous entourer ? Qu’il s’agisse de bruits, de personnes présentes autour de vous, ou d’autres sources de distraction, on dirait que notre cerveau sait rester concentré quand il le faut, à défaut de tout ce qui peut se passer autour de nous. Comment est-ce possible ?

Les chercheurs ont analysé les enregistrements intracérébraux de 85 patients épileptiques

Futura Sciences nous rapporte dans un article du 22 mars 2020 qu’une équipe de chercheurs a réussi à localiser, visualiser et chronométrer ce système de tri sélectif en analysant des enregistrements intracrâniens.

L’unité 1028 Inserm/CNRS/Université Claude Bernard/Université Jean Monnet, au Centre de recherche en neurosciences de Lyon, équipe DYCOG, dirigée par Jean-Philippe Lachaux, en partenariat avec le Laboratoire de psychologie et neurocognition, UMR 5105 CNRS/Université Grenoble Alpes, dirigée par Marcela Perrone, a implanté des électrodes chez 85 patients épileptiques et a examiné les enregistrements intracérébraux.

Jean-Philippe Lachaux explique ainsi : « Nous savions grâce à de précédents travaux qu’une zone du cortex préfrontal est spécialisée dans le maintien en mémoire de ce que nous cherchons à faire : notre intention du moment. C’est elle qui permet d’achever un travail ou une discussion commencée quelques instants plus tôt. Nous avons supposé que le tri sélectif des stimulations, qui influence directement cette fonction, devait être localisé à proximité. Or, une cinquantaine d’électrodes étaient implantées dans le cortex préfrontal de chaque patient, cela nous a permis d’analyser les signaux neuronaux dans cette région particulière à l’échelle des millisecondes.« 

Cette étude pourrait permettre aux chercheurs de mieux comprendre les rouages de la concentration

Pour identifier cette zone, les scientifiques ont demandé aux participants de lire une succession de textes s’affichant en gris sur un écran, entremêlés avec d’autres mots en blanc à ignorer. Cela amenait les individus à se concentrer uniquement sur les mots en gris et, selon le chercheur, voici le résultat de cette expérience :

« A chaque nouveau mot, il y avait une prise de décision selon la couleur : le lire ou pas. Grâce à cet exercice, nous avons pu chercher une zone du cortex préfrontal qui réagissait à chaque fois qu’un nouveau mot apparaissait à l’écran. Et nous l’avons trouvée. Un signal s’allumait systématiquement 200 ms après l’affichage du mot et juste avant la dissociation entre le fait de lire le mot ou pas. Et cela à un seul endroit, identique chez tous les participants et à proximité immédiate de la région de l’intention du moment comme suspecté. »

Selon le chercheur, cela signifie que « le cerveau décide en moins d’un quart de seconde si l’objet ou l’image qu’il a sous les yeux vaut la peine de lui accorder de l’attention ou autrement dit, notre système attentionnel prend plusieurs décisions par seconde ». Les résultats de cette étude permettraient aux chercheurs de « modéliser le système attentionnel pour apprendre à mesurer le niveau d’attention d’une personne à partir d’un enregistrement électrique à la surface du cerveau » et ainsi, potentiellement résoudre les problèmes de concentration dont souffrent certaines personnes.

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