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Monde perdu : des paléontologues ont enfin trouvé les dinosaures manquants d’Europe

Des cératopsiens arpentaient bel et bien le Vieux Continent

— © Jakob Vinther / University of Bristol and Bob Nicholls (Paleocreations.com)

Une longue quête. Des analyses approfondies ont finalement permis de confirmer la présence d’espèces de dinosaures à cornes, ou cératopsiens, en Europe durant le Crétacé.

À la recherche des cératopsiens européens

S’étant éteints il y a 66 millions d’années, en même temps que les autres dinosaures non aviens, les cératopsiens présentaient d’importantes disparités en termes de taille et de morphologie : alors que l’emblématique Tricératops mesurait jusqu’à 9 mètres de long, le Psittacosaurus était une créature bipède de la taille d’un chien.

À l’époque où vivaient la plupart de ces créatures, l’Europe se résumait à un ensemble d’île tropicales. Situées entre l’Asie et l’Amérique du Nord, elles formaient avec ces dernières la Laurasie, et des découvertes paléontologiques ont montré qu’elle accueillait essentiellement les mêmes groupes de reptiles géants.

Si les témoignages de dinosaures à cornes sont nombreux en Asie et en Amérique du Nord, seuls quelques candidats avaient été mis au jour sur le Vieux Continent depuis le XIXe siècle. Parmi eux, Craspedodon lonzeensis, décrit à partir de dents fossilisées trouvées en Belgique en 1883, Stenopelix valdensis, exhumé d’une carrière allemande en 1855, et Ajkaceratops kozmai, qui évoluait dans ce qui est aujourd’hui la Hongrie.

Dans ce dernier cas, la nature incomplète du museau d’A. kozmai, semblant par ailleurs présenter certaines similitudes avec ceux des iguanodontiens, avait poussé plusieurs paléontologues à le rattacher à cet autre groupe de dinosaures herbivores.

Pas des igunaodontiens

Associé à des analyses phylogénétiques, l’examen approfondi du fossile découvert en 2010 et d’un nouveau crâne a permis de confirmer qu’A. kozmai était bel et bien un cératopsien. Des techniques d’imagerie avancée, telles que la tomodensitométrie, ont notamment révélé un bec et un palais voûtés, étroitement similaires à ceux de leurs premiers représentants asiatiques.

Les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Nature, ont également réattribué les témoignages fossiles d’un autre iguanodontien hongrois supposé (Mochlodon vorosi) à A. kozmai, et établi que Zalmoxes shqiperorum, trouvé en Roumanie, appartenait à un genre de cératopsien nouveau pour la science, baptisé Ferenceratops.

« Ces résultats entraînent également une réorganisation fondamentale de l’arbre évolutif des ornithischiens [ou dinosaures à hanches d’oiseau] », concluent-ils.

En 2024, des scientifiques avaient décrit un minuscule cératopsien japonais, qualifié de « gnome préhistorique ».

Par Yann Contegat, le

Source: Connect Sci

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