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Les évènements climatiques extrêmes (tempêtes, inondations, vagues de chaleur…) ont provoqué la mort de près d’un demi-million de personnes depuis le début du 21e siècle. Sans surprise, les pays en développement ont été les plus durement touchés.

11 000 évènements météorologiques extrêmes recensés depuis le début du siècle

Publié en début de semaine, le dernier rapport de l’ONG Germanwatch a déterminé que les catastrophes naturelles survenues ces vingt dernières années avaient coûté à l’économie mondiale la somme astronomique de 2 108 milliards d’euros. Portant sur plus de 11 000 évènements météorologiques extrêmes, l’analyse réalisée a montré que ces phénomènes avaient causé la mort d’environ 480 000 personnes depuis 2000, et que Porto Rico, la Birmanie et Haïti constituaient les trois nations les plus impactées.

Alors que les nations les plus riches ayant ratifié l’accord de Paris sur le climat s’étaient engagées à fournir chaque année 82 milliards d’euros aux États les plus pauvres afin de les aider à faire face aux effets du changement climatique et à limiter la hausse des températures, de récentes recherches ont montré que les fonds actuellement alloués aux pays en développement étaient très nettement inférieurs à ce montant.

Selon Germanwatch, la saison des tempêtes s’est révélée particulièrement dévastatrice en 2019, avec des ouragans et des cyclones ayant dévasté certaines parties des Caraïbes, de l’Afrique de l’Est et de l’Asie du Sud. « Les évènements climatiques extrêmes ont un impact considérable sur les pays les plus pauvres », a estimé David Ecsktein, co-auteur du rapport. « Ils ont un besoin urgent d’assistance financière et technique. »

Sous l’effet du changement climatique, le nombre de catastrophes naturelles a doublé entre 2000 et 2019— think4photop / Shutterstock.com

Des fonds alloués aux pays les plus vulnérables largement insuffisants

L’adaptation, qui consiste à réduire les retombées au sein des communautés les plus exposées et à accroître leur capacité à faire face aux catastrophes liées au climat telles que les inondations et la sécheresse, constitue l’un des piliers de l’accord de Paris. Si celui-ci prévoit de consacrer une somme annuelle de 41 milliards d’euros dans cette optique, l’ONU estime que le coût de l’adaptation va augmenter de façon spectaculaire au cours des prochaines années.

Dans son dernier rapport, le Programme des Nations unies pour l’environnement a déterminé que sur les quelque 57 milliards d’euros dont les pays en développement ont besoin chaque année, seuls 24 milliards leur étaient actuellement alloués. D’après les experts, le coût annuel réel de l’adaptation aux effets du changement climatique pourrait atteindre 247 milliards d’euros d’ici 2030 et 411 milliards à l’horizon 2050.

Une capacité d’adaptation plus faible

L’analyse de Germanwatch a révélé que huit des dix pays les plus touchés par les évènements climatiques extrêmes possédaient un revenu par habitant bas voire très bas, ce qui n’a rien de surprenant pour Vera Keunzel, sa co-auteure. « Les nations les plus pauvres sont les plus impactées car elles sont plus vulnérables aux effets de ces catastrophes et possèdent une capacité d’adaptation plus faible », a t-elle expliqué.

Les pays comme Haïti, les Philippines et le Pakistan étant presque constamment frappés par de tels évènements, ceux-ci disposent de peu de temps pour se remettre complètement d’une catastrophe avant la suivante. Actuellement organisé par les Pays-Bas, le sommet international sur l’adaptation au changement climatique vise à mettre en place des « engagements clairs » et à fournir « de nouveaux efforts concrets » afin de les aider à mieux y faire face.

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