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— papi8888 / Shutterstock.com

L’analyse de restes humains provenant de la crypte d’un célèbre hôpital milanais a révélé la présence de traces de cannabis dans des ossements vieux de plus de 300 ans, ce qui constitue un record.

Une première

Dans le cadre de travaux publiés dans le Journal of Archaeological Science, Gaia Girodano et ses collègues ont identifié des molécules de tétrahydrocannabinol (THC) et de cannabidiol (CBD), composés psychoactifs du cannabis, dans les os des cuisses d’un jeune homme et d’une femme d’âge moyen. La radiodatation au carbone a montré que ces derniers avaient été enterrés entre 1638 et 1697 dans la crypte de l’hôpital Ca’ Granda de Milan, fondé au début du XVIIe siècle.

Au total, l’équipe a étudié les échantillons osseux de neuf individus. Les analyses toxicologiques effectuées ont impliqué leur réduction en poudre et leur ajout à une solution liquide afin d’isoler les composés chimiques individuels, mis en évidence grâce à la spectrométrie de masse.

Selon l’équipe, de telles découvertes indiquent que ces molécules circulant initialement dans le sang humain peuvent être absorbées par les tissus osseux et y rester piégées pendant des siècles.

Fémur présentant des traces de cannabis — © Giordano et al. / Journal of Archaeological Science 2023

L’examen des registres détaillant les composés médicinaux dispensés à cette époque aux patients de l’hôpital Ca’ Granda n’a révélé aucune mention de plantes de cannabis, suggérant que les deux individus identifiés se soient automédiqués ou en aient consommé à des fins purement récréatives.

Une approche inédite

Selon Yimin Yang, de l’Académie chinoise des sciences de Pékin, l’approche utilisée, qualifiée d’inédite dans un tel cadre archéologique, pourrait contribuer à éclairer l’évolution de la consommation de cannabis (domestiqué il y a environ 12 000 ans) au fil des siècles.

En 2019, la chercheuse et ses collègues avaient découvert des traces de cette plante à l’intérieur de bols et objets funéraires vieux d’environ 2 500 ans, suggérant un usage rituel dans une bonne partie de la Chine occidentale actuelle.

Giordano et ses collègues ont indiqué procéder actuellement à l’identification d’autres substances stupéfiantes, telles que la cocaïne, dans des restes humains plus récents.

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rustinette
rustinette
2 mois

les drogues sont sur la terre depuis toujours car elles proviennent des plantes naturelles , malheureusement aujourd’hui transformées chimiquement