© Alicia Sendrowski

Au fond de l’Arctique canadien, vous pouvez trouver un tas d’arbres tombés et de bois ancien. De 51 kilomètres carrés, les scientifiques pensent que cet amas d’arbres peut avoir un impact sur le cycle du carbone de la planète. Explications.

Cet amas d’arbres est situé dans le delta du fleuve Mackenzie au Nunavut, territoire le plus grand et le plus au nord du Canada. Dans une nouvelle étude publiée dans Geophysical Research Letters, des scientifiques de la Colorado State University ont utilisé des images satellite à haute résolution et une intelligence artificielle d’apprentissage pour cartographier ce gisement de bois. D’après eux, il est aussi grand que Manhattan.

Les arbres agissent comme des puits de carbone pour la planète, aspirant le dioxyde de carbone de l’atmosphère. Les chercheurs ont expliqué que cet amas d’arbres a lui aussi un impact sur l’environnement et sur le cycle du carbone. « Il y a eu beaucoup de travaux sur les flux de carbone de l’eau et des sédiments, mais nous n’avons tout simplement pas prêté attention au bois jusqu’à très récemment. Il s’agit d’un domaine de recherche très jeune qui se développe assez rapidement. Et il est important d’étudier ce bois non seulement pour le cycle du carbone, mais en général pour notre compréhension du fonctionnement de ces systèmes fluviaux naturels, de la façon dont les rivières mobilisent et distribuent le bois », a expliqué dans un communiqué Virginia Ruiz-Villanueva, géomorphologue fluviale à l’université de Lausanne qui n’a pas participé à l’étude.

Les morceaux de bois du delta du fleuve Mackenzie stockent environ 3,4 millions de tonnes de carbone. « Pour mettre cela en perspective, cela représente environ deux millions et demi d’émissions de voitures pendant un an », a expliqué Alicia Sendrowski, une ingénieure de recherche qui a dirigé l’étude à la Colorado State University. « C’est une quantité considérable de carbone. »

D’après les scientifiques, tout ce bois s’est accumulé dans cette région du monde pour diverses raisons : les vastes forêts boréales et son réseau de rivières à haute latitude alentour et parce que le delta de Mackenzie est immense et permet à des tas de bois tombés de se rassembler. De plus, les conditions froides et sèches de l’Arctique permettent aux arbres de rester dans un état quasi parfait pendant des dizaines de milliers d’années. Et la datation au carbone a révélé que certains arbres ont possiblement commencé à pousser au XXe siècle, tandis que d’autres auraient 1 300 ans.

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BERNARD
BERNARD
11 mois

Pourquoi ne pas recycler ces arbres tombés plutôt que de couper des arbres vivants ailleurs ? Et en ce moment les feux au Canada ont détruit une surface équivalente à la Corse (source : presse)