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Le brouillard est vivant : des microbes actifs y transforment l’air que nous respirons

On supposait initialement que ces minuscules organismes profitaient simplement du voyage

L’air que nous respirons étant chargé d’un nombre incalculable de micro-organismes, il est logique que l’on retrouve une partie d’entre eux dans le brouillard. De nouvelles recherches ont offert un aperçu sans précédent de cet écosystème unique.

Des communautés foisonnantes et actives

Les services météorologiques définissent généralement le brouillard comme un voile dense de vapeur d’eau induisant une visibilité réduite, inférieure au kilomètre. Dans le cadre de travaux publiés dans la revue mBio, des chercheurs ont prélevé une série d’échantillons avant, pendant, et après 32 épisodes différents, sur une période de deux ans.

Les analyses réalisées ont révélé que les gouttelettes de brouillard abritaient une biomasse bactérienne aux concentrations comparables à celles d’un lac eutrophique ou de l’océan. Il s’avère que les représentantes du genre Methylobacterium dominent ces communautés, ne correspondant à aucune de leurs homologues purement aériennes.

Alors que l’on supposait jusqu’à présent que ces minuscules formes de vie étaient en dormance et profitaient simplement du « voyage », la nouvelle étude brosse une image bien différente.

Métaboliquement actives, ces bactéries transforment des composés chimiques naturellement présents dans l’environnement tels que le formaldéhyde. Si celui-ci se révèle toxique pour nous et de nombreuses espèces animales et végétales, il constitue une « nourriture de choix » pour soutenir la croissance de la vie du brouillard.

Des recherches à approfondir

Notre compréhension des phénomènes biologiques liés aux formations de vapeur d’eau étant très limitée, davantage de recherches seront nécessaires pour explorer les interactions de leurs communautés microbiennes avec l’environnement, mais il est probable que leur action dépolluante s’étende à d’autres composés problématiques.

Selon Ferran Garcia-Pichel, de l’université d’État de l’Arizona, à l’heure où le brouillard et la brume sont envisagés comme des sources alternatives qui pourraient contribuer à répondre à la pénurie d’eau douce mondiale, il est indispensable d’en savoir plus.

« En les captant, nous pourrions nous débarrasser de ces précieux alliés microscopiques », conclut-il.

Précédemment, une étude avait exploré les capacités purificatrices des éclairs.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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