Une étoile bleue miniature gravite dans l’ombre de la supergéante Bételgeuse. Détecté par la NASA après un siècle de spéculations, ce discret compagnon stellaire explique enfin les variations de luminosité mystérieuses qui intriguaient les astronomes de la planète.

Une variation de luminosité sur six ans troublait la communauté scientifique depuis plus d’un siècle
Les astrophysiciens connaissaient bien le rythme habituel de 400 jours qui fait osciller la supergéante rouge. Cependant, une seconde fluctuation beaucoup plus lente, s’étalant sur près de 2 100 jours, demeurait un problème sans réponse concrète.
Cette anomalie touche environ un tiers des géantes stellaires recensées dans l’Univers. Des chercheurs ont analysé des décennies de mesures afin de bâtir un nouveau modèle théorique. Leurs calculs désignaient la présence d’un corps céleste masqué.
En se déplaçant, ce voisin déplace le gaz et les poussières environnantes. Ce mouvement modifie périodiquement la lumière qui parvient jusqu’aux observatoires terrestres. Malgré cette certitude mathématique, aucun télescope spatial comme Hubble n’avait réussi à capturer son image.
L’instrument ‘Alopeke parvient à percer l’éclat aveuglant de Bételgeuse grâce à une technique vidéo ultrarapide
L’équipe de Steve Howell a exploité l’instrument ‘Alopeke fixé sur le télescope Gemini North, situé à Hawaï. Cet équipement recourt à l’imagerie speckle, une méthode enregistrant des milliers de clichés très courts pour éliminer les perturbations dues à l’atmosphère.
En comparant des données acquises en 2020 et en 2024, les scientifiques ont repéré le signal tant recherché. L’astre se trouvait à une distance équivalente à quatre fois le trajet Terre-Soleil, caché dans un halo un million de fois plus lumineux.
Baptisée Siwarha, cette compagne stellaire bleue est déjà engagée dans un plongeon mortel irrémédiable
Officialisé en septembre 2025, le nom Siwarha signifie « son bracelet » en arabe, créant un écho direct au nom de Bételgeuse. Cette étoile bleue-blanche possède une masse estimée entre 1,4 et 1,6 fois celle de notre Soleil.
Les deux astres sont nés ensemble il y a environ 10 millions d’années. Cependant, leur évolution diverge radicalement aujourd’hui. En circulant directement à l’intérieur des couches gazeuses externes de la géante, la petite structure subit des forces de marée destructrices.
Cette trajectoire en spirale précipite Siwarha vers sa perte. D’ici 10 000 ans, un délai dérisoire à l’échelle cosmologique, le corps stellaire finira entièrement englouti. En attendant ce choc final, son passage laisse un sillage de matière très perturbée.
Les observations du Very Large Telescope au Chili valident l’existence du système avant un rendez-vous fixé en 2027
Installé au Chili, le Very Large Telescope a récemment fourni des clichés directs de Siwarha avec un niveau de précision statistique supérieur. Cette acquisition consolide définitivement les conclusions obtenues par l’équipe américaine et lève les derniers doutes de la communauté.
La dynamique orbitale des deux partenaires offre de nouvelles opportunités d’analyse aux passionnés du ciel. En 2027, la position idéale de la compagne permettra de mesurer le rythme de dégradation de son orbite avec des instruments optiques de pointe.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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