S’il est depuis longtemps admis que la vie peut s’établir et subsister dans des conditions extrêmes, une nouvelle étude du MIT révèle que la bactérie E. coli et des levures pouvaient survivre dans une atmosphère exclusivement composée d’hydrogène, ce qui pourrait avoir des implications fascinantes pour la recherche de formes de vie extraterrestres.

Une étude charnière

Pour des raisons évidentes, les chercheurs se concentrent depuis des décennies sur l’identification des planètes semblables à la Terre, susceptibles d’abriter la vie. Mais comme le montre cette nouvelle étude, menée par des chercheurs du MIT et récemment publiée dans la revue Nature Astronomy, adopter une telle approche se révèlerait particulièrement limitant dans la chasse aux formes de vie extraterrestres.

Sur Terre, de nombreuses bactéries sont capables de survivre à des conditions extrêmes (froid et chaleur, haute atmosphère, roches situées à plus de 600 mètres sous le plancher océanique), tandis que des cosmonautes russes séjournant sur l’ISS ont identifié il y a quelques années des bactéries mutantes à l’extérieur de la station, sous-entendant que certaines d’entre elles sont également capables de survivre au vide spatial.

Pourtant, en dépit de ces découvertes, la communauté scientifique a adopté une vision relativement étriquée concernant les exoplanètes propices au développement et au maintien de la vie. S’il est évident que l’être humain pourrait difficilement survivre s’il était parachuté au beau milieu des étendues glacées de Mars ou des lacs de méthane de Titan, cela ne s’appliquerait pas nécessairement à l’ensemble des bactéries, comme le montre cette nouvelle étude.

Dotée d’une atmosphère composée principalement d’hydrogène, l’exoplanète K2-18b pourrait être plus propice à la vie que les scientifiques ne le pensaient jusqu’à présent – © ESA / Hubble / M. Kornmesser / Creative Commons

Des bactéries capables de se reproduire dans des atmosphères composées à 100 % d’hydrogène

Jusqu’à présent, les exoplanètes dont l’atmosphère était principalement composée d’hydrogène étaient quasi systématiquement considérées comme incapables de soutenir la vie, mais peu de recherches avaient été entreprises pour le vérifier. Une équipe du MIT s’est donc penchée sur la question.

Les chercheurs ont exposé des cultures d’E. coli et de levures à des atmosphères composées à 100 % d’hydrogène et, à leur grande surprise, celles-ci ont survécu et leur capacité de reproduction n’a été que modérément impactée. Pour E. coli, la vitesse de reproduction a diminué de moitié environ, tandis que pour les levures, celle-ci s’est révélée plus lente d’environ 2,5 ordres de grandeur. Ce qui serait vraisemblablement dû au manque d’oxygène selon les auteurs de l’étude.

Une découverte qui pourrait pousser les astrophysiciens à réviser leurs critères concernant les planètes susceptibles d’abriter des formes de vie. Les super-terres à forte teneur en hydrogène, qui présentent l’avantage de pouvoir être repérées plus facilement que d’autres types de planètes en raison de leur atmosphère particulière, pourraient par exemple faire leur entrée dans cette catégorie.

Mieux encore, l’équipe de recherche estime qu’il serait d’ores et déjà possible de savoir si l’une de ces planètes abrite réellement une vie extraterrestre. E. coli et d’autres bactéries étant connues pour produire des gaz comme l’ammoniac, le diméthylsulfure, l’oxyde nitreux et le méthane, la détection de ces gaz dans des atmosphères autrement dominées par l’hydrogène pourrait indiquer la présence de formes de vie.

— sdecoret / Shutterstock.com

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