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Des chercheurs britanniques ont découvert que les personnes âgées de 60 ans ou plus ayant des difficultés à entendre des conversations dans des environnements relativement bruyants, tels qu’une rue animée ou un bar, présentaient un risque de démence plus tard dans leur vie jusqu’à 91 % plus élevé.

L’un des problèmes les plus courants chez les personnes souffrant de déficience auditive liée à l’âge

Jusqu’à 1,5 milliard d’individus souffrent d’une forme de déficience auditive selon l’OMS, avec environ 30 % des adultes âgés de 65 ans et plus, et 55 % des personnes de plus de 80 ans présentant un degré de perte significatif. En plus d’affecter leur qualité de vie, ce handicap peut également contribuer au risque de démence. En 2015, des scientifiques américains avaient constaté qu’une perte d’audition légère doublait le risque de démence et qu’une perte modérée le triplait. Les personnes souffrant d’une déficience auditive sévère étant quant à elles cinq fois plus susceptibles de développer une démence.

Bien que les mécanismes impliqués restent encore assez obscurs, de nouvelles recherches menées par des scientifiques de l’université d’Oxford suggèrent qu’une mauvaise audition pourrait avoir un impact considérable sur les soins liés à la mémoire dans les années à venir.

« La difficulté à distinguer la parole en présence d’un bruit de fond est l’un des problèmes les plus courants chez les personnes souffrant de déficience auditive liée à l’âge », souligne le Dr Jonathan Stevenson, auteur principal de la nouvelle recherche. « Il s’agit de la première étude à examiner son association avec la démence dans une large population. »

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Dans le cadre de ces travaux publiés dans la revue Alzheimer’s & Dementia : The Journal of the Alzheimer’s Association, les chercheurs ont interrogé 82 000 hommes et femmes âgés de 60 ans membres de la Biobank britannique. Les participants devaient identifier certains mots prononcés sur fond de bruit blanc, et ont ensuite été divisés en trois groupes distincts en fonction de leurs résultats : audition de la parole normale, insuffisante et mauvaise dans le bruit.

Des associations significatives

Au cours des 11 années de suivi, 1 285 participants ont développé ou étaient sur le point de développer une démence. Lorsque les chercheurs ont modélisé leurs niveaux de perte auditive et les ont ajustés en fonction d’autres facteurs, ils ont été stupéfaits de constater qu’une audition insuffisante et médiocre de la parole dans le bruit étaient respectivement associées à un risque accru de 61 % et 91 % de développer une démence, par rapport à une audition normale.

Au fil des années, certains travaux ont suggéré que la déficience auditive conduisait à l’isolement social et à la dépression, et que ces facteurs contribuaient plus tard à la démence. Cependant, cette nouvelle recherche n’a pas trouvé de telles preuves.

« Si la plupart des gens pensent aux problèmes de mémoire lorsqu’ils entendent le mot ‘démence’, c’est loin d’être le cas », estime le Dr Katy Stubbs, de l’Alzheimer’s Research UK. « De nombreuses personnes atteintes de démence éprouvent des difficultés à suivre une conversation dans un environnement bruyant. Cette étude suggère que ces changements auditifs ne sont pas seulement un symptôme de la démence, mais un facteur de risque qui pourrait être traité. »

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Une cible prometteuse pour la prévention de la démence

La bonne nouvelle reste que ce type précis de déficience auditive est aisée à diagnostiquer, et qu’elle pourrait donc constituer un signe d’alerte précoce de la démence. Bien qu’il n’existe pas de traitement curatif, la maladie peut être retardée et contrôlée à condition de s’y prendre suffisamment tôt.

« La démence touche des millions de personnes dans le monde, et le nombre de cas devrait tripler au cours des prochaines décennies », souligne le Dr Thomas Littlejohns, co-auteur de l’étude. « Cependant, il devient de plus en plus évident que son développement n’est pas inévitable et que le risque pourrait être réduit en traitant les conditions préexistantes. »

Bien qu’il s’agisse de résultats préliminaires, les chercheurs britanniques estiment que la difficulté à distinguer la parole dans les environnements relativement bruyants pourrait représenter une cible prometteuse pour la prévention de la démence.

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