
En étudiant la course d’un astéroïde plutôt imposant, des astronomes ont constaté qu’il mettait moins de 120 secondes pour effectuer une rotation complète, ce qui constitue un record.
Des « rotateurs ultra-rapides »
Cette découverte inattendue est intervenue lors de l’examen des données de l’observatoire chilien flambant neuf Vera C. Rubin. Collectées lors de ses neuf premières nuits de fonctionnement, entre fin avril et début mai 2025, elles ont révélé des caractéristiques inattendues pour des dizaines de roches spatiales.
Au total, Dmitrii Vavilov, de l’université de Washington, et ses collègues ont pu établir la période de rotation de 76 astéroïdes. Parmi eux, 19 appartenaient à la catégorie des « rotateurs ultra-rapides », effectuant un tour complet sur eux-mêmes en 2,2 heures ou moins.
Comme l’expliquent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue The Astrophysical Journal Letters, cette valeur constitue la limite basse pour les astéroïdes « amas de gravats » — des agglomérats de roches essentiellement liées par la gravité. « Au-delà, ils se désagrègent », souligne Vavilov.
☄️Asteroide de más de medio kilómetro de diámetro que rota cada dos minutos, fue descubierto desde Chile con @VRubinObs de NSF-DOE🔭
— AURAinChile (@AURAinChile) January 22, 2026
Llamado 2025 MN45 ¡rompe todos los récords conocidos! https://t.co/3aHoT4T4NH pic.twitter.com/A2xGPTkkGR
Les roches spatiales de ce type constituant la grande majorité des astéroïdes massifs actuellement recensés, les chercheurs ne s’attendaient pas à trouver autant d’objets imposants et véloces. « Lors de notre première série d’analyses, nous n’avons même pas cherché ceux présentant une période de rotation inférieure à 5 minutes », précise Vavilov. « Nous trouvions l’idée qu’ils puissent tourner encore plus vite assez absurde. »
Nouveau record
De façon inattendue, trois d’entre eux affichaient des périodes de rotation minuscules : 3,8, 1,92 et 1,88 minute. Dans ce dernier cas, il s’agissait d’un astéroïde de 710 mètres de large. Baptisé 2025 MN45, il est officiellement le plus grand astéroïde à rotation ultra-rapide jamais observé, et à ce jour le seul à dépasser les 500 mètres de diamètre.
D’après l’équipe, une telle vitesse implique qu’il ne puisse s’agir d’un « amas de gravats », et qu’il soit constitué d’un matériau nettement plus robuste que la plupart des roches spatiales. « Même de l’argile ne suffirait pas à cimenter un tel objet », note Vavilov. « Il s’agit donc d’un gros rocher, voire de métal solide. »
Au cours des dix prochaines années, l’observatoire Vera C. Rubin devrait permettre de préciser la période de rotation de nombreuses autres roches spatiales, éclairant ainsi leur diversité longtemps sous-estimée.
Précédemment, des chercheurs avaient découvert d’autres astéroïdes très résistants aux impacts.