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L’analyse de minuscules particules de poussière d’astéroïde collectées par la sonde japonaise Hayabusa 1 suggère que les corps célestes de faible densité seraient quasiment impossibles à détourner avec une approche standard.

L’astéroïde Itokawa

Si un test historique de défense planétaire avait démontré l’an passé qu’il était possible de modifier la trajectoire d’un astéroïde menaçant la Terre en l’impactant avec un engin spatial,
de nouveaux travaux indiquent qu’il serait beaucoup plus difficile de dévier des corps semblables à Itokawa. Mesurant 500 mètres de long et situé à environ 2 millions de kilomètres de la Terre, celui-ci serait presque aussi ancien que le Système solaire.

« Itokawa n’est pas un astéroïde monolithique, mais un agglomérat lâche, entièrement constitué de morceaux de roche assemblés sous l’influence de la gravité, qui présente de nombreuses cavités », détaille Fred Jourdan, co-auteur de la nouvelle étude, publiée dans la revue PNAS. « La durée de vie des corps monolithiques de sa taille n’excéderait pas quelques centaines de milliers d’années dans la ceinture d’astéroïdes. »

Afin d’éviter une collision potentielle avec notre planète impliquant ce type de roches spatiales, les chercheurs appellent à tester de nouvelles stratégies de déviation nettement plus radicales que celle expérimentée par la NASA en septembre 2022.

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— © NASA / JPL-Caltech

« Si un astéroïde est détecté trop tard pour une poussée cinétique, nous pouvons alors potentiellement utiliser une approche plus agressive, par exemple en utilisant l’onde de choc d’une explosion nucléaire proche pour pousser l’agglomérat lâche hors de sa trajectoire sans le détruire », estime Nick Timms, également co-auteur de la nouvelle étude.

Des roches spatiales plus abondantes que prévu

Comparé à un « coussin spatial géant », Itokawa se serait formé suite à l’impact ayant détruit sa roche mère il y a au moins 4,2 milliards d’années, selon l’analyse de trois particules de poussière à l’aide de techniques complémentaires. Jusqu’alors inconnue, la durée de vie inhabituelle de ces astéroïdes serait étroitement liée à la nature absorbante des matériaux lâches les composant.

« Maintenant que nous avons découvert qu’ils peuvent survivre dans le Système solaire pendant la quasi-totalité de son histoire, ils doivent être plus abondants dans la ceinture d’astéroïdes que ce que l’on pensait auparavant », estime Timms. « Il y a par conséquent davantage de chances que si une roche massive se dirige vers la Terre, il s’agisse d’un amas de gravats. »

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