Depuis le début de la pandémie de coronavirus en janvier dernier, les Asiatiques sont victimes de racisme dans de nombreuses régions du monde. Après l’annonce du reconfinement en France, une nouvelle vague d’actes anti-Asiatiques a refait surface. Les messages haineux et les incitations à la violence contre les Asiatiques se sont multipliés. Le parquet de Paris a ouvert une enquête.

Des messages haineux sur les réseaux sociaux

Les messages à caractère raciste ainsi que les incitations à la haine contre les Chinois, accusés d’être à l’origine de la propagation du Covid-19, se sont multipliés sur les réseaux sociaux depuis l’annonce du reconfinement en France. « Hitler aurait dû tuer les Chinois pas les juifs » ; « J’appelle tous les renois et rebeus de France à agresser chaque Chinois qu’ils croiseront dans la rue » ; « On arrête les mangas désormais c’est la chasse aux asiatiques les bridés là les jaunes mangeurs de chiens on pardonnera JAMAIS », peut-on lire sur les captures d’écrans partagées par l’Association des jeunes Chinois de France sur sa page Facebook.

Une enquête a donc été ouverte par le parquet de Paris pour « provocation publique à commettre une atteinte à l’intégrité physique d’une personne à caractère raciste ». Les investigations ont été confiées à la brigade de répression de la délinquance contre la personne. De son côté, l’Association des jeunes Chinois de France appelle à la vigilance et encourage toute personne victime ou témoin d’acte ou de propos répréhensibles à porter plainte ou à le signaler à une association de son collectif.

― IVY PHOTOS / Shutterstock.com

Un prétexte pour taper les Chinois

Pour la chanteuse Thérèse, qui fait partie de plusieurs associations, le racisme et la violence contre les Asiatiques ne sont pas nouveaux. Selon elle, les violences auraient commencé après les Jeux olympiques de Pékin. « La montée du coronavirus a servi d’excuse supplémentaire, parce qu’il fallait trouver un bouc émissaire, ainsi que les discriminations sur les Ouïgours : certains voient ce phénomène comme une domination de la Chine sur l’islam. Mais les Chinois ou Asiatiques du reste du monde n’ont rien à voir avec cela ! », a-t-elle déclaré. Les discours haineux envers les Asiatiques ont augmenté de 900 % depuis le début de la pandémie.

En outre, le porte-parole du comité Sécurité pour Tous Sun-Lay Tan pense que leurs détracteurs veulent juste « taper des Chinois ». Il s’agirait d’un rituel pour intégrer les bandes de certains quartiers. « Je pense que les agresseurs n’ont pas les capacités intellectuelles pour venger les Ouïgours, c’est un prétexte. La personne qui a fait ça a voulu faire un bad buzz, parce que les Chinois sont des cibles faciles. Cela peut créer des tensions intercommunautaires, mais je ne pense pas que cela soit la motivation des gens qui ont fait ces tweets », a-t-il expliqué.

La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme a annoncé jeudi dernier qu’elle allait saisir la justice pour faire cesser les appels à la haine contre les personnes asiatiques. En outre, elle a également demandé à Twitter de suspendre les comptes des personnes à l’origine de ces appels à la violence. Trois jours plus tard, les tweets les plus choquants ont été supprimés et plusieurs comptes ont été suspendus.

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