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130 G : le piège de cette araignée australienne catapulte ses proies à une vitesse vertigineuse

« Bâtir de tels pièges à chaque repas peut sembler une tâche herculéenne, mais ces fourmis constituent une ressource alimentaire particulièrement fiable »

— © Ajay Narendra et al.

Des chercheurs ont récemment eu l’occasion de décortiquer la stratégie de chasse remarquablement sophistiquée d’une araignée australienne. Impliquant des catapultes naturelles, elle lui permet de capturer efficacement des fourmis.

Une stratégie redoutable

Devant son surnom à ces célèbres armes de siège antiques, capables de lancer des projectiles à des centaines de mètres, cette « araignée baliste » passe le plus clair de ses journées sous la litière forestière. Au crépuscule, elle commence à tendre son piège élastique. Constitué de dizaines de brins entrelacés et fixé à une feuille, il présente une structure essentiellement conique.

Après plusieurs heures de labeur, celui-ci est enfin prêt. Sa créatrice va alors appliquer à la surface de la feuille une substance chimique odorante et collante, qui présente la particularité d’attirer uniquement les fourmis vertes arboricoles (Oecophylla smaragdina).

À son contact, les mandibules de ces dernières s’engluent, et leurs mouvements vifs pour se dégager finissent par entraîner la rupture du point d’ancrage du piège, ce qui a pour effet de les catapulter à une trentaine de centimètres du sol, droit sur la toile principale de l’arachnide. On suppose que ces dispositifs sont tendus à une distance raisonnable des colonies de fourmis, afin d’attirer des individus isolés et ainsi réduire le risque d’une riposte massive.

« Bâtir de tels pièges à chaque repas peut sembler une tâche herculéenne, mais ces fourmis constituent une ressource alimentaire particulièrement fiable », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Current Biology.

Projection éclair

Appartenant au genre Propostira, l’espèce au cœur de ces travaux évolue dans les forêts tropicales du Queensland, dans le nord-est de l’Australie. Début 2023, Narendra et Pranav Joshi, de l’université Macquarie, ont passé une dizaine de jours à étudier sa routine nocturne.

L’analyse des images capturées par des caméras ultra-rapides (entre 5 000 et 7 000 images par seconde) a révélé que, lorsque le piège se déclenchait, ses futurs repas subissaient une accélération de 130 G, soit autant de fois la gravité terrestre.

« Cela correspond à environ 1 367 mètres par seconde carrée », détaillent les chercheurs.

Il ne s’agit pas des seules stratégies intrigantes employées par les araignées. Certaines vont vomir sur leurs victimes jusqu’à ce que mort s’ensuive, tandis que d’autres construisent des « épouvantails géants » pour tromper leurs prédateurs.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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