Entre 2007 et 2011, 100 000 doses d’un anticancéreux périmé ont été vendues à des malades en France

En France de 2007 à 2011, près de 100 000 doses d’un médicament anticancéreux périmé ont été vendues. L’entreprise de distribution modifiait les dates de péremption. La vente leur a rapporté 3,2 millions d’euros… Cette fraude est toujours entre les mains de la justice, les procédures judiciaires sont pour le moment toujours en cours. 

2011 : le scandale sanitaire se répand

Fin 2011, le scandale s’abat sur le laboratoire luxembourgeois Alkopharma. L’entreprise de distribution de médicaments anticancéreux est accusée d’avoir modifié les dates de péremption de ses produits dans le but d’écouler les stocks.

L’anticancéreux concerné est le Thiotépa, administré lors des chimiothérapies du cancer du sein, de l’ovaire et de la vessie. Le médicament est également donné aux enfants durant les traitements de certaines formes de leucémie. Depuis octobre 2011, il est remplacé par le Tepadina.

Bien que les médicaments périmés ne contenaient plus la dose de principe actif réglementaire, leur vente représente un montant supérieur à 3,2 millions d’euros…

Historique d’une fraude entretenue pendant cinq ans

Un contrat est signé en avril 2005 entre la société Alkopharma basée en Suisse et le laboratoire allemand fabricant le Thiotépa. Le rachat du Thiotépa à l’époque doit avoir l’objectif suivant : la vente du médicament sur le marché français.

En 2007, la fraude commence. Alors que le principe actif du médicament dure 18 mois, l’impression de fausses étiquettes avec des dates de péremption erronées démarre. L’enquête de l’institut suisse Swissmedic surveillant le marché des produits révèle que “l’entreprise reçoit des lots alors qu’elle n’a pas réussi à écouler son stock”.

En 2011, le laboratoire allemand Riemser constate sur certains produits des doses inférieures du principe actif à la dose légale. L’alerte est lancée auprès des autorités sanitaires française et suisse. L’entreprise mélange en effet des flacons de lots anciens et nouveaux : les analyses montrent des doses du principe actif à 86 %, la norme étant fixée à 95 %.

Quelles répercussions pour les patients ?

L’impact sur les patients soignés avec des médicaments sous-dosés est difficile à établir. D’un côté, les autorités françaises ne constatent pas de risques certifiés pour les malades lors du scandale : “le sous dosage (…) ne conduit pas à une baisse d’efficacité significative, ni à une toxicité”.

Du côté de l’agence sanitaire suisse, le rapport établi que “la distribution d’un produit contenant une concentration moindre du principe actif revêt une gravité toute particulière […] le sous dosage (…) ne conduit pas à une baisse d’efficacité significative, ni à une toxicité”.

Le Dr Martin Fey ,interrogé dans le journal Suisse Le matin, est quant à lui incertain : “Personne ne peut dire que, si le dosage agent avant été supérieur de 20 %, le patient X aurait survécu”.

Les condamnations par la justice

En Suisse, la justice a rendu son verdict en 2016 avec la condamnation de quatre anciens responsables d’Alkopharma. Ces derniers ont dû payer des amendes de quelques milliers de francs suisses. Une condamnation superflue, le tribunal n’ayant pas pris en compte dans la peine la mise en danger de la santé des patients.

Dans l’Hexagone, la décision de justice n’est pas encore prise. Toutefois, l’enquête ouverte à l’époque par le parquet de Paris “pour tromperie aggravée, falsification de substance médicamenteuse et faux et usage de faux” est terminée.


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