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L’étude d’une bactérie végétale naturellement présente dans les pommes de terre a permis la mise en évidence d’un tout nouveau composé antibiotique, s’avérant redoutable pour traiter les infections fongiques.

La solanimycine

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui une menace sanitaire majeure. Plus nous utilisons de composés antibiotiques en milieu clinique ou dans l’agriculture, plus ce phénomène s’amplifie, augmentant par la même occasion le risque que des maladies autrefois contrôlées redeviennent mortelles, tant pour les humains que les plantes.

Si la plupart des antibiotiques thérapeutiques que nous utilisons à l’heure actuelle proviennent des microbes présents dans le sol, de nouvelles recherches publiées dans la revue mBio – Plant Microbiology se sont concentrées sur une bactérie végétale appelée Dickeya solani, provoquant une maladie chez les pommes de terre.

L’étude de D. solani avait précédemment conduit à la découverte d’un antibiotique particulièrement efficace appelé oocydine A, aujourd’hui utilisé comme fongicide contre de nombreuses maladies touchant les plantes. Visant à en identifier de nouveaux, les travaux de Rita Monson et ses collègues de l’université de Cambridge ont conduit à la découverte de la solanimycine.

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— Kateryna Kon / Shutterstock.com

« En étudiant les données et le séquençage du génome de la bactérie, nous avons compris que d’autres composés antibiotiques pouvaient se cacher en arrière-plan », explique la chercheuse. « Lorsque les gènes responsables de la production de l’oocydine A étaient désactivés et que la bactérie était placée dans un milieu acide [comme celui que l’on trouve à l’intérieur d’une pomme de terre], elle activait les gènes responsables de la création de la solanimycine. »

De puissants effets antifongiques

Jusqu’à présent, les puissants effets antifongiques de la solanimycine ont été démontrés à la fois sur les plantes et sur un champignon commun connu sous le nom de Candida albicans. Naturellement présent dans l’organisme, celui-ci peut proliférer de manière incontrôlable et provoquer des infections dangereuses.

Pour Monson et ses collègues, la prochaine étape consistera à en apprendre davantage au sujet de la solanimycine et de son mode d’action. S’étant associée à des chimistes pour étudier en détail sa structure moléculaire, l’équipe espère ensuite pouvoir tester le composé sur des modèles végétaux et animaux.

Selon des épidémiologistes, la prochaine pandémie pourrait être causée par des champignons plutôt que des virus.

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