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Le lundi 20 janvier 2020, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a publié des résultats d’évaluation supplémentaires sur l’expertise qu’elle a menée en 2018 concernant la sécurité des protections intimes. Selon l’agence, il est nécessaire de renforcer la sensibilisation des femmes et des professionnels de santé sur le risque de syndrome du choc toxique menstruel (SCT).

Dans un article paru sur son site Web, l’Anses explique que le SCT est un syndrome causé par une toxine bactérienne liée aux conditions d’utilisation de toutes les formes de protections périodiques internes, autrement dit des tampons ou encore des coupes menstruelles.

Le risque de SCT n’est pas à prendre à la légère

Bien que rare, le risque que les protections intimes internes engendrent un grave choc toxique n’est pas à écarter, déclare l’Anses. Seules 1 % à 4 % des femmes seraient effectivement porteuses de la souche de staphylocoque impliquée dans le SCT menstruel et, ainsi, sont potentiellement à risque. Malgré cela, le SCT ne doit pas être sous-estimé.

Chaque année, une vingtaine de cas de SCT sont diagnostiqués en France. Toutefois, c’est un chiffre à prendre avec des pincettes puisque comme le rapporte la VDN, la déclaration de cette maladie due à une infection bactérienne au staphylocoque doré n’est pas obligatoire.

Néanmoins, selon Aurélie Mathieu, coordonnatrice de l’expertise scientifique de l’Anses : « D’un point de vue sanitaire, le risque principal des protections féminines, c’est le risque de syndrome du choc toxique qui, bien que rare, peut avoir des conséquences dramatiques. »

Pour preuve, début janvier, une adolescente initialement traitée pour une gastro-entérite en Belgique meurt à la suite d’un choc toxique non diagnostiqué.

Bien avant cela, en 2015, une mannequin américaine a dû être amputée des deux jambes à la suite d’un SCT. Son cas très médiatisé a d’ailleurs valu le lancement d’une pétition en France réclamant aux industriels plus de transparence sur la composition des tampons.

A quoi ressemblent les symptômes du SCT ?

En plus d’être rare, le SCT a des symptômes similaires à la grippe, soit une hausse de température, des éruptions cutanées ou encore une baisse de la tension. Cela complique l’établissement d’un diagnostic.

L’Anses appelle ainsi les industriels à « éliminer ou réduire au maximum la présence des substances chimiques » dans leurs produits. Même s’il est important de noter qu’à l’heure actuelle, l’Anses n’a pointé du doigt aucune protection intime comme comportant des substances chimiques dépassant les seuils sanitaires.

Dans la mise à jour de son rapport d’expertise, l’Anses a effectivement déclaré que « dans l’état actuel des connaissances, le SCT n’est pas lié au matériau utilisé dans la composition de ces protections ».

Toutefois, l’agence a tenu à rappeler aux utilisatrices qu’il est crucial de respecter les règles d’hygiène relatives à l’utilisation des protections, en particulier sur la durée du port des tampons et des coupes menstruelles, et sur l’importance de n’en mettre qu’au moment des règles et de choisir une protection adaptée à son flux.  

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