C’est un désastre de plus qui touche la planète cette année : des milliers d’animaux marins ont été retrouvés morts sur la péninsule du Kamtchatka, en Russie. Si le ministère russe de l’Écologie pense que cela pourrait être d’origine naturelle, Greenpeace dénonce « une catastrophe écologique » grave.

Un empoisonnement de l’eau qui a également affecté les humains

De nombreux animaux marins morts – dont des phoques, des poulpes et des poissons – ont été trouvés dans un lieu touristique populaire du Kamtchatka, une grande péninsule de l’Extrême-Orient russe. Des vidéos et des photos de ces créatures marines mortes ont été partagées sur les réseaux sociaux. Mais le problème n’a été porté à l’attention des autorités qu’après que des surfeurs se sont plaints de brûlures aux yeux après avoir nagé dans la région. Plus précisément, c’est Yekaterina Dyba, géographe qui dirige l’école de surf Snowave Kamtchatka, qui a sonné l’alarme sur les réseaux sociaux, a rapporté CBS News.

« Depuis plusieurs semaines maintenant, tous les surfeurs ont des problèmes oculaires après leur retour de l’eau. Linceul blanc, vision trouble, sécheresse. Mal de gorge. Beaucoup avaient des nausées, éprouvé une faiblesse et une forte fièvre », a écrit Dyba dans une publication Facebook. Les surfeurs locaux ont également noté un changement dans la couleur de l’eau. Après qu’une enquête a été menée sur le sujet, Greenpeace a déclaré que l’eau contenait « quatre fois plus de produits pétroliers et 2,5 fois plus de phénol ».

Image d’illustration — Pornjan Wongsanit / Shutterstock.com

L’origine du problème reste pour l’instant inconnue

Pour l’instant, l’origine de ces produits nocifs n’est pas encore connue, mais les autorités soupçonnent que cela soit d’origine humaine. Mais elles n’excluent pas que cela puisse également être dû à des phénomènes naturels, notamment un tremblement de terre lié à un volcan. « La pollution associée à l’activité humaine, avec le déversement de substances toxiques, fait partie des versions envisagées », a déclaré Vladimir Solodov, gouverneur de la région du Kamtchatka. « Les scientifiques disent que cela peut également être dû à un phénomène naturel lié au comportement des algues qui se sont échouées sur le rivage pendant une tempête. Nous examinons également une théorie sur l’activité sismique liée aux volcans », a-t-il ajouté.

De son côté, Greenpeace soupçonne fortement l’implication humaine et un rapport de l’agence de presse officielle Tass semble confirmer cette suspicion dans la mesure où une fuite de pétrolier commercial a été évoquée. De son côté, WWF Russie rapporte que la pollution toxique est considérée comme la source la plus probable. « Un tel impact ne peut apparemment pas être le résultat d’une tempête ou d’une pollution de l’eau par des produits pétroliers. Il existe une forte probabilité de contamination toxique avec une substance à haute solubilité », a déclaré Alexey Knizhnikov, responsable de la responsabilité environnementale des entreprises de WWF Russie, dans un communiqué.

Quelle que soit l’origine de cette catastrophe écologique, l’heure est grave puisque la situation risque d’empirer. Selon les scientifiques, pas moins de 95 % de la vie marine le long des fonds marins de la baie d’Avacha et la plage de Khalatyr a été tuée, a rapporté The Moscow Times. Outre les animaux qui se sont échoués sur les plages, de nombreux organismes vivants ont également été retrouvés morts sous l’eau. D’autres animaux marins risquent encore de mourir, non seulement à cause de ces substances toxiques, mais également à cause de la diminution conséquente des sources d’alimentation.

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