Des journalistes de Libération viennent de livrer une enquête très inquiétante sur l’amiante, un matériau extrêmement dangereux que l’on retrouve encore dans les écoles de nos enfants. Les risques et dangers sont connus, mais pourtant, rien est fait.

L’amiante, un matériau cancérogène et interdit depuis 1997

L’amiante est interdit d’utilisation dans les constructions depuis 1997. Il est classé cancérogène par l’Union européenne et le Centre international de recherche sur le cancer. Même si l’interdiction date de plus de 20 ans, les anciennes constructions, notamment les écoles, en contiennent encore. 

L’amiante peut se trouver dans les murs, les plafonds, le sol ou encore sur les tuyaux. Quand il est confiné, il ne représente aucun danger. Mais c’est lorsque les fibres de l’amiante se retrouvent dans l’air libre, qu’elles deviennent respirables, elles peuvent potentiellement devenir la cause de cancers qui se déclarent des décennies plus tard. De simples travaux comme percer un mur peuvent alors représenter un danger. Le matériau présente donc un risque important pour la santé des élèves, des enseignants et du personnel fréquentant les établissement scolaires.

Combien d’établissements sont concernés ?

En 2017, au lycée George-Brassens de Villeneuve-le-Roi (94), un bout de plafond est tombé dans une classe pendant un cours. Des prélèvements ont été effectués, démontrant que de l’amiante était présent dans l’air, et à un taux élevé. Elèves et enseignants y ont été exposés. Comme l’explique Libération, sous la plume de Marie Piquemal et Aurore Coulaud, de nombreux cas similaires existent, partout en France.

Mais toute la difficulté de cette problématique se résume dans le fait qu’on ne sait pas exactement combien de bâtiments scolaires – écoles, collèges et lycées – sont concernés. Lors de leur enquête, les journalistes de Libération ont tenté de trouver une liste, un fichier, donnant la totalité des établissements contenant de l’amiante. Après de longues recherches, rien n’a été trouvé. L’amiante peut être partout.

Toutefois, l’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement (ONS) délivrait, en 2016, des chiffres inquiétants : 80 % des lycées professionnels, 77 % des lycées généraux et technologiques, 73 % des collèges et 38 % des écoles contiennent encore de l’amiante. Aline Archimbaud, ancienne sénatrice explique “une deuxième épidémie d’amiante se profile. On met aujourd’hui des enfants et les personnels en danger, dans un mélange d’indifférence et d’irresponsabilité”.

Pourquoi rien n’est fait ?

D’abord, les actions et réactions sont différentes en fonction de la mobilisation citoyenne et des élus en charge des établissements. Les représentants des parents d’élèves sont les plus préoccupés par cette problématique. Mais, leur statut ne dure que quelques années et leurs plaintes et actions disparaissent très vite. Les syndicats enseignants restent eux très actifs, mais se focalisent sur d’autres sujets, aussi très importants, comme le maintien des postes.

Ensuite, les diagnostics et les travaux liés à l’amiante coûtent beaucoup, ce qui décourage les gestionnaires territoriaux, déjà restreints par de petits budgets. Le nombre de gestionnaires joue également. En France, les écoles sont gérées par les villes, les collèges par les départements et les lycées par les régions. Comment doivent-ils collaborer pour régler le problème de l’amiante ? Il semble que les collectivités n’aient pas encore trouvé la solution.

Le ministère de l’éducation nationale et l’État pourraient s’en charger, mais en vingt ans et quatre présidents, aucun plan national n’a été mis en place pour désamianter les parcs scolaires. Les responsables politiques n’ont peut-être pas l’envie de dépenser le montant faramineux, ou alors, pire, ils ne mesurent pas les enjeux d’un tel problème de santé publique.

Toutefois, interpellé en automne à l’assemblée nationale, puis par Libération lors de leur enquête, Jean-Michel Blanquer (ministre de l’éducation) a annoncé la création d’une cellule concentrée sur les bâtisses scolaires. Elle devrait voir le jour pour la rentrée 2019, avec pour mission de constater l’état des bâtiments et de prévenir les risques.

Pensez-vous que cela changera quelque chose ?

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mariotto
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mariotto

l’amiante est cancerigene pour les ouvriers qui travaillaient les toles pendant 8h par jour et ne l’est plus a l’etat statique