Pour gagner un salaire décent, ces agriculteurs ont ouvert leur propre supermarché de vente directe

Tandis qu’Intermarché bat des records de mauvais goût en proposant d’affolantes réductions sur les pots de Nutella et les couches, deux producteurs Aveyronnais ont ouvert leur second supermarché en Île-de-France. Baptisé « Les Halles de l’Aveyron », il répond à la demande croissante des consommateurs de manger mieux, tout en rétribuant à leur juste valeur les agriculteurs et les éleveurs.

 

Quand l’union fait la force 

Unicor est une coopérative agricole sans laquelle rien n’aurait pu arriver. Rassemblant 9000 producteurs du centre de la France, depuis l’Aveyron, jusqu’au Tarn, en passant par le Cantal et la Lozère, c’est elle qui est à l’origine du projet « Les Halles de l’Aveyron ». En 2008, le premier supermarché équitable made in Unicor voit le jour à Rodez : c’est un succès. En 2014, c’est au tour de de Herblay, en région parisienne. Le pari est risqué mais il en vaut la peine : c’est un succès. Fin 2017, toujours dans le Val-d’Oise, c’est la ville de Saint-Gratien qui accueille le troisième supermarché de la coopérative.

Une fierté pour Jean-Claude Virenque, président d’Unicor : « Vendre nos produits seulement au niveau local nous condamnerait. Ici, dans le Val-d’Oise, les gens veulent des produits de qualité. ». Tous les frais sont assurés par la coopérative, depuis le transport des marchandises jusqu’à leur acheminement en magasin, leur mise en rayon et la vente aux consommateurs. Une initiative solidaire et responsable qui, non content d’avoir créé une centaine d’emplois à travers la France, interpelle parisiens et franciliens sur leur mode de consommation dicté par les grandes surfaces.

Le circuit court : recette miracle

Si le concept des « Halles de l’Aveyron » séduit autant de consommateurs, c’est parce qu’il privilégie la vente directe : les producteurs quittent à tour de rôle leurs verts pâturages pour se rendre dans les différentes enseignes de la coopérative et y assurer la vente et la démonstration de leurs produits. Le client peut alors faire ce qu’il n’aura jamais l’occasion de faire en grandes surfaces : parler. Une rencontre du 3e type qui ne présente que des avantages : le consommateur peut questionner le producteur sur la confection de ses produits, ce dernier peut lui prodiguer des recettes de cuisine ou des conseils quant à leur conservation…

La chaîne de supermarchés responsables « Les Halles de l’Aveyron » veut s’affranchir des contraintes et des exigences toujours plus ahurissantes dictées par les grandes surfaces. Il s’agit aussi bien de la conformité de tel fruit à l’apparence plus ou moins conforme à leur cahier des charges extrêmement rigoureux, que des milliers de tonnes de denrées alimentaires gaspillées, des licenciements grotesques, et des marges exponentielles réalisées sur le dos des petits producteurs.

Le terroir à prix responsable

Étalé sur 800 mètres carrés, le second « Halles de l’Aveyron » d’Île-de-France propose aux consommateurs parisiens et franciliens de découvrir le terroir aveyronnais et les départements voisins avec la charcuterie traditionnelle, les fromages tels que le roquefort et le cantal, les viandes de boeuf et d’agneaux, le vin, les fruits, les légumes, les pâtisseries… « On espère être un supermarché anti-malbouffe » résume la bergère Florence Fortès.

Comme tout supermarché, « Les Halles de l’Aveyron » propose aussi des produits transformés, mais certifiés made in Aveyron ! Alors les barquettes industrielles élaborées et transformées dans des pays de l’UE : on oublie ! Dans ce temple de la vente directe, les escargots, la bière, les pizzas et les chips sont tous fabriqués et façonnés par des entreprises françaises, partenaires de l’enseigne.

C’est un fait : les consommateurs délaissent les grandes surfaces. Désireux de manger mieux à un prix plus équitable et plus juste pour le producteur, ils sont de plus en plus nombreux à privilégier le respect dû aux agriculteurs et aux éleveurs à travers les magasins de vente directe, et l‘achat de produits certifiant une rémunération décente à leurs producteurs.


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