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Égypte : un nouveau genre de crocodile préhistorique trouvé dans les roches utilisées pour bâtir le Sphinx

Avant son assèchement, il y a environ 6 millions d’années, la Méditerranée abritait d’importantes populations de crocodiliens

— Daily Travel Photos / Shutterstock.com

L’examen d’un crâne de crocodilien fossilisé, exhumé de la carrière ayant fourni une partie des roches nécessaires à la construction du Sphinx et des pyramides de Gizeh, a conduit à la reclassification de ce reptile préhistorique.

Herugavialis cairensis

Proche du plateau de Gizeh, la formation de Mokattam se compose de couches calcaires s’étant déposées il y a environ 45 millions d’années, lorsque l’Égypte était submergée par la Téthys. Dans les années 1920, les fouilles de l’une de ses principales carrières avaient conduit à la découverte de plusieurs fossiles de reptiles, incluant un crâne presque complet qui a récemment bénéficié d’un examen approfondi.

À l’origine, le spécimen avait été attribué à un ancien gavial, des crocodiliens au museau effilé que l’on pensait autrefois très répandus en Afrique et en Eurasie, mais qui ne sont aujourd’hui représentés que par deux espèces, vivant respectivement en Asie du Sud et en Asie du Sud-Est.

Publiée dans la revue Royal Society Open Science, la nouvelle étude a impliqué des scanners haute résolution du fossile égyptien, qui ont révélé une structure intracrânienne bien différente de celle des représentants du genre Tomistoma, que l’on trouve en Malaisie et en Indonésie.

Un peu moins d’un siècle après sa description initiale, l’espèce Tomistoma cairense, en référence au lieu de sa découverte, a donc été rebaptisée Herugavialis cairensis. Un nom de genre évoquant la divinité égyptienne majeure Horus (ou Heru), dont les pharaons étaient considérés comme l’incarnation et que l’on pense avoir inspiré le Sphinx. Si ce dernier est aujourd’hui privé de son appendice nasal, il s’avère que l’extrémité du museau allongé du spécimen réétudié était également manquante.

gavial
— Spanker.cz / Shutterstock.com

Un paysage bien différent

Comme l’explique Paul Burke, paléontologue au Muséum suédois d’histoire naturelle de Stockholm, durant l’essentiel des 50 derniers millions d’années, les rives de la Méditerranée ont abrité une grande diversité de crocodiliens.

Comme leurs cousins préhistoriques, les gavials ont disparu de la région il y a environ six millions d’années, lors de la crise de salinité messinienne, qui a vu les eaux de cette mer s’assécher.

Précédemment, des fouilles dans l’ouest de l’Égypte avaient révélé les restes du plus ancien crocodile marin connu, bouleversant l’histoire évolutive de ces redoutables prédateurs.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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