
Si les preuves archéologiques et paléontologiques montrent que les Néandertaliens n’hésitaient pas à s’attaquer à des proies imposantes, telles que les mammouths, il apparaît que des rongeurs bien connus figuraient également à leur menu.
Une consommation ponctuelle de gros rongeurs
Lors des dernières fouilles de la grotte préhistorique de Valdegoba, dans le nord de l’Espagne, les chercheurs ont mis au jour des centaines d’ossements de castor eurasien et de marmotte alpine, provenant de couches sédimentaires vieilles d’environ 130 000 ans, qui avaient précédemment livré des restes néandertaliens et des outils en pierre typiques de nos cousins disparus.
Selon l’équipe, dont les travaux sont pré-publiés sur Researchsquare, une part seulement des témoignages de ces gros rongeurs présentaient des traces de morsure susceptibles d’avoir été laissées par des carnivores, notamment des renards, des loups et des hyènes. Sur d’autres, ce sont des marques claires de coupe et de boucherie qui ont été identifiées.
Dans le cas des castors, certaines marques évoquaient des opérations de dépeçage et de désarticulation, tandis que des traces d’écorchage ont été relevées sur les mâchoires des deux espèces. Le fait qu’ils concernent un échantillon réduit d’ossements indique une consommation ponctuelle de leur chair, qui approfondit notre compréhension des stratégies de subsistance néandertaliennes.
« De telles découvertes apportent la preuve d’une utilisation flexible des ressources animales disponibles, avec de gros rongeurs venant ponctuellement compléter l’éventail d’espèces habituellement chassées par ces anciens humains », écrivent Ona Redon, de l’université de Burgos, et ses collègues.

Cibles faciles
Jusqu’à présent, des restes de gros rongeurs préhistoriques n’avaient été documentés que sur une poignée de sites néandertaliens, et rien n’indiquait qu’ils aient été consommés par nos cousins.
En l’absence de proies plus massives, telles que les chamois et les chevreuils, les anciens habitants de Valdegoba auraient pu se rabattre sur ces créatures à la viande probablement moins savoureuse, mais qui auraient constitué des cibles plus faciles.
« Les apports nutritionnels étaient plus faibles, mais les coûts énergétiques et le risque humain liés à leur traque également réduits », concluent les chercheurs.
Précédemment, une étude avait révélé que les Néandertaliens chassaient des éléphants géants il y a 125 000 ans.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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