
Des chercheurs australiens ont récemment mis en évidence le potentiel de cellules immunitaires spécialisées pour traiter les cancers du poumon à petites cellules, considérés comme les plus agressifs.
Les lymphocytes T « gamma-delta »
Environ 10 à 15 % des cas de cancer du poumon sont des carcinomes à petites cellules. Associés à des facteurs de risque environnementaux tels que le tabagisme, la pollution ou l’exposition à la radioactivité, ceux-ci sont également les plus difficiles à traiter via la chimiothérapie et l’immunothérapie classiques, avec des taux de survie à cinq ans actuellement inférieurs à 7 %.
Cette situation est étroitement liée à la capacité de ces cellules tumorales à inhiber la production de molécules permettant habituellement aux lymphocytes T, ou cellules immunitaires « tueuses » de notre organisme, de les identifier.
Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Cancer Cell, des chercheurs de l’Institut de recherche médicale Walter et Eliza Hall ont découvert qu’une sous-population négligée de lymphocytes T périphériques, dits « gamma-delta », détectait efficacement le stress cellulaire de ce type de carcinome, et que les patients traités par chimiothérapie chez qui ils étaient présents en nombre affichaient de bien meilleurs taux de survie.
Des expériences en laboratoire sur des modèles miniatures de cancers à petites cellules ont montré que deux composés existants, le tarlatamab et le zolédronate, favorisaient largement leur activité.

Une nouvelle arme
Selon l’équipe, de telles découvertes ouvrent la voie à de nouvelles « thérapies cellulaires adoptives », reposant sur le prélèvement des lymphocytes T gamma-delta d’un patient, leur multiplication in vitro, et leur réintroduction dans l’organisme pour combattre les tumeurs.
L’administration de tarlatamab améliorerait ensuite leur ciblage, tandis que le zolédronate, en plus d’affaiblir les cellules cancéreuses en modifiant leur signalisation interne, favoriserait la production de ces cellules immunitaires.
La prochaine étape consistera à mener de nouvelles expériences, impliquant davantage d’échantillons provenant de donneurs humains.
Précédemment, un traitement expérimental avait stoppé la croissance du cancer du poumon le plus agressif chez la souris.