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Si le cancer du poumon à petites cellules (SCLC) constitue la forme la plus agressive de la maladie, les scientifiques disposent désormais d’une nouvelle piste de traitement prometteuse, ayant permis de stopper la croissance des tumeurs chez la souris.

Une nouvelle approche pour traiter le cancer du poumon à petites cellules

Apparaissant le plus souvent chez les fumeurs, le cancer du poumon à petites cellules est une forme très agressive de la maladie dont le taux de survie est faible. Si la chimiothérapie est efficace au début, le cancer peut rapidement développer une résistance aux médicaments, ce qui entraîne une récidive et sa progression irrémédiable. Pour cette nouvelle étude publiée dans la revue Cancer Discovery, une équipe internationale de chercheurs a étudié la résistance des cellules cancéreuses aux dommages causés par la chimiothérapie pour mieux la contrer.

De précédents travaux avaient montré qu’une protéine appelée RNF113A était impliquée dans la capacité des cellules cancéreuses à réparer les dommages causés par l’alkylation, constituant le mode d’attaque des médicaments de chimiothérapie courants. En y regardant de plus près, les auteurs de la nouvelle étude ont découvert que RNF113A était régulée par une autre protéine, SMYD3, exprimée en plus grande quantité dans les cellules du SCLC et d’autres cancers et liée à des formes plus graves et une plus forte résistance aux médicaments.

Avec cette nouvelle cible en ligne de mire, les scientifiques ont examiné si le blocage de SMYD3 pouvait améliorer les effets des médicaments de chimiothérapie. L’équipe a greffé des cellules humaines de SCLC à des souris, et attendu que des tumeurs se développent dans leurs poumons. Par la suite, certaines d’entre elles ont reçu un médicament appelé cyclophosphamide, un inhibiteur de SMYD3 ou les deux composés.

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Chez les souris ayant reçu la chimiothérapie seule, les tumeurs ont cessé de se développer pendant environ deux semaines avant de recommencer à croître, indiquant le développement d’une résistance au médicament. Ce qui ne s’est pas produit pour les rongeurs ayant reçu à la fois du cyclophosphamide et l’inhibiteur de SMYD3, chez qui les tumeurs ont cessé de se développer pendant toute la durée de l’expérience (plusieurs mois).

Vers des essais cliniques

Bien que la cyclophosphamide ait été progressivement délaissée au cours des dernières décennies, en raison de ses effets secondaires plus importants que ceux des agents de chimiothérapie à base de platine, ces nouveaux travaux mettent en évidence son potentiel pour traiter une forme de cancer redoutable, pour laquelle les options de traitement se révèlent actuellement très limitées.

Selon l’équipe, le traitement a fonctionné tout aussi bien sur les tumeurs d’un patient humain dont le cancer avait déjà développé une résistance aux médicaments de chimiothérapie.

« Nous discutons avec un certain nombre d’autres groupes pour lancer un essai clinique de phase 1 dès que possible », a déclaré Nima Mosammaparast, co-auteur principal de l’étude. « Les personnes atteintes de cancer du poumon à petites cellules ont désespérément besoin de meilleurs traitements, et je suis très enthousiaste quant aux possibilités offertes ici. »

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