L’entreprise française ThrustMe transforme la propulsion spatiale grâce à un carburant solide inédit. Cette avancée permet d’abandonner les réservoirs lourds des engins orbitaux. De plus, elle offre une manœuvrabilité optimale aux constellations modernes pour éviter les débris.

La firme française ThrustMe dévoile au sommet spatial de Paris un moteur électrique pour un satellite allemand
Le Sommet international sur l’espace réunit les acteurs du secteur les 9 et 10 septembre à Paris. À cette occasion, la jeune pousse tricolore ThrustMe présente son nouveau propulseur JPT150. Cet équipement équipe désormais le satellite allemand MarbleSat-1 pour sécuriser ses déplacements orbitaux.
Ce système constitue une première mondiale car il utilise l’iode comme propergol dans un moteur à effet Hall. Ainsi, l’appareil garantit un contrôle précis des trajectoires dès sa séparation du lanceur. Le dispositif simplifie grandement les manœuvres orbitales quotidiennes pendant plusieurs années.
De plus, les opérateurs spatiaux doivent pouvoir modifier l’altitude des engins pour éviter les débris errants. Enfin, ce propulseur assure aussi la désorbitation finale du satellite. Les constructeurs répondent ainsi aux exigences modernes de lutte contre la pollution spatiale.
Le xénon traditionnel impose des contraintes de stockage que la propulsion à base d’iode élimine totalement
Habituellement, les moteurs ioniques utilisent le xénon pour déplacer les sondes spatiales. Or, ce gaz rare nécessite des réservoirs lourds sous haute pression. Ces structures massives compliquent la conception des engins et augmentent nettement les coûts globaux de lancement.
En revanche, l’iode offre une alternative bien plus économique et abondante aux ingénieurs. Un contenant léger et non pressurisé accueille directement cette matière sous forme solide. Par conséquent, la technologie facilite la miniaturisation des satellites et optimise leur espace utile interne.
Le processus physique transforme directement un solide chauffé en plasma pour propulser l’appareil en orbite
Une étude parue dans la revue Nature détaillait déjà les bases de cette méthode prometteuse. Dès que le système chauffe l’iode solide, celui-ci passe instantanément à l’état gazeux. Cette étape de sublimation thermique directe évite toute phase liquide dans le circuit.
Ensuite, le gaz rejoint la chambre de combustion du propulseur. Une antenne radiofréquence spécifique ionise alors le flux gazeux afin de produire un plasma dense. Cette réaction transforme la matière en particules chargées prêtes pour l’accélération.
Puis, des grilles électriques propulsent ces ions positifs à très grande vitesse vers l’extérieur. Cet écoulement génère la poussée nécessaire pour déplacer le satellite dans le vide spatial. Ainsi, l’engin ajuste sa trajectoire avec une remarquable précision énergétique.
Le calendrier industriel prévoit le décollage du satellite d’observation MarbleSat-1 dès le début de l’année 2027
Le constructeur Reflex Aerospace assemble la plateforme MarbleSat-1 pour le compte du groupe allemand Marble Imaging. De son côté, ThrustMe a livré son moteur spatial opérationnel à la fin du mois de juillet 2026. Les équipes techniques procèdent désormais aux ultimes tests d’intégration mécanique.
Ces partenaires visent un envol officiel durant le premier trimestre de l’année 2027. Dès sa mise en orbite, cet appareil réalisera des clichés réguliers de la surface terrestre. Enfin, cette collaboration européenne illustre la montée en puissance de technologies orbitales plus durables.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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